10 mai 2017

La Beauté d'Andromède

Rodin observait dans son atelier les corps nus de ses modèles. Quand une attitude l'intéressait, il réalisait un plâtre et ensuite seulement définissait un titre ou une place dans le projet de La Porte. Conçu autour de 1885 le nu au rocher est sans doute l'image d'une jeune femme cherchant le repos après une pose fatigante. Les jambes et les bras sont pliés, exacerbant pour l'artiste la perfection des lignes du dos.

En deux variantes très similaires Rodin exprime à la fois le corps lisse de la femme et l'environnement rugueux. Le marbre sera le matériau parfait pour dégager la sensualité de cette femme qui naît du limon.

La plus grande de ces variantes, 70 cm de long, est La Source, un thème très populaire au XIXème siècle où la chevelure abondante descend comme une cascade. Elle deviendra La Danaïde. L'autre version, 30 cm de long, qui n'a pas cet excès capillaire est affalée en haut d'un rocher spectaculaire. Elle sera Andromède, la jeune héroïne mythologique torturée en raison même de sa suprême beauté.

Le 30 mai à Paris, Artcurial vend un marbre daté 1887 de la petite version. L'année suivante, Rodin l'avait donné à un diplomate Chilien en échange du buste à l'expression charmeuse de la femme de son client, si parfait que l'Etat français avait voulu l'acquérir. Cette Andromède conservée jusqu'à ce jour comme un trésor dans la famille du diplomate est estimée € 800K, lot 6.

Quatre autres marbres d'Andromède sont connus. L'un d'eux réalisé vers 1895 a été vendu pour $ 3,04M incluant premium par Christie's le 8 novembre 2006 sur une estimation basse de $ 500K. Un bronze de Danaïde de la même époque a été vendu pour $ 1,7M incluant premium par Christie's le 5 novembre 2014.

Je vous invite à regarder la vidéo partagée par Artcurial :