7 mai 2017

Tagueurs et Policiers

Soudain à l'aise en 1981 grâce au support d'Annina Nosei, Jean-Michel Basquiat envisage son avenir au rang des plus grands héros Africains-Américains.

Ce n'est pas si simple. La ségrégation reste latente dans la haute société et les artistes des rues considérés comme de simples vandales sont pourchassés sans pitié par les policiers. On ne peut pas lui donner tort de cette peur du gendarme : deux ans plus tard un de ses amis sera tué dans une intervention policière trop musclée.

Qu'il soit blanc ou noir, le policier est un ennemi de sa liberté. Jean-Michel réalise quelques portraits caricaturaux de ces brutes qui maintiennent l'ordre public. Par défi et par soutien de ses copains qui restent dans la rue, il ajoute sur le mur du fond des inscriptions apparaissant comme écrites à la hâte. Dans une phase ultérieure de sa carrière ces messages souvent incompréhensibles deviendront prépondérants.

Un panneau 182 x 121 cm orné du remarquable tag IRONY OFNEGROPLCEMN a été vendu pour £ 8,2M incluant premium par Phillips de Pury le 28 juin 2012.

Le 17 mai à New York, Christie's vend un panneau de même dimension peint à l'acrylique et oilstick qui est un des rares exemples dans l'art de Jean-Michel où le personnage est un blanc. Il est estimé $ 22M, lot 55 B.

Ce policier est un homme massif aux épaules larges dont la fonction est reconnaissable à l'uniforme et au casque. La bouche est ouverte dans un cri et le regard est sanglant. Sur le mur le dessin stylisé d'un aigle décharné est un symbole dérisoire de l'autorité fédérale. En-dessous de l'aigle, le tag LA HARA apparaît quatre fois comme un défi inspiré de La Jara signifiant les flics en argot Porto-Ricain.