18 juin 2017

Vincent aux Champs

La vocation altruiste contrariée de Vincent van Gogh était de devenir un pasteur ouvrier. Son profond intérêt pour l'art n'a pas un but professionnel : très tôt la notion de commerce d'art le dégoûte. Quand le jeune bourgeois entre en contact avec le monde paysan, il admire profondément la personnalité quasiment apostolique de Jean-François Millet.

Le chemin de Vincent vers sa maturité artistique est long et inclut de nombreuses copies des maîtres. En 1889 sa santé mentale est devenue critique. Pendant de longues périodes en Arles ou à l'asile de Saint-Rémy il ne peut plus sortir et n'a plus de modèles. Cet interprète de la nature doit désormais se contenter d'images. Il entreprend une copie systématique des deux grandes séries de gravures éditées par Millet, les Quatre Heures du Jour et les dix Travaux des Champs.

Les dessins faits par Vincent sont très semblables aux originaux mais les oeuvres sont complètement ré-interprétées par l'équilibre des couleurs. Le bleu strident du ciel et l'or des champs de blé sont habilement mis en valeur par les couleurs plus douces des vêtements.

Le moissonneur de Millet fut certainement un des thèmes préférés de Vincent. Vu de dos, ce paysan de très haute taille est penché pour faucher les blés. Dans la tradition chrétienne la faux est l'outil de la mort, traduite plus positivement par Vincent comme un symbole de la position de la moisson dans l'inexorable cycle de la vie.

Le 27 juin à Londres, Christie's vend Le Moissonneur (d'après Millet), huile sur toile 43 x 24 cm peinte par Vincent en septembre 1889, lot 6 estimé £ 12,5M. L'image est partagée par Wikimedia.

Van Gogh - Der Schnitter (Nach Millet)