20 août 2017

Filles et Motos

Résolument antisocial, Richard Prince admire Kerouac et Pollock. Avec ses méthodes de ré-appropriation qui choquent les conventions établies, il jette un regard cinglant sur les moeurs de la classe moyenne Américaine.

Ses cowboys Marlboro ne sont pas simplement des récupérations de publicités de magazines : ils illustrent la ridicule désuétude des valeurs traditionnelles. Il n'épargne pas les jeunes femmes. Dans sa série Girlfriends l'artiste utilise uniquement des images de filles associées à des motos, avec toute la variété de ses trouvailles entre le risqué et l'érotisme dans la presse spécialisée des bad boys.

Contrairement à Bardot en 1968 sur sa Harley Davidson, les Girlfriends de Prince ne défient pas les garçons. La machine puissante et potentiellement vibrante pallie à l'absence temporaire du boyfriend à qui la fille plus ou moins déshabillée offre son désir érotique non dissimulé.

En 1992 Richard Prince commence à éditer ses cowboys en tirages couleurs Cibachrome ou Ektacolor de très grands formats. le plus souvent limité à deux épreuves plus un tirage d'artiste. Un tirage 102 x 69 cm a été vendu pour £ 780K incluant premium par Sotheby's le 12 octobre 2012.

Les Girlfriends suivent en 1993. Un Ektacolor 150 x 102 cm montrant une femme debout torse nu au soleil avec la moto entre les jambes a été vendu pour $ 830K incluant premium par Christie's le 11 mai 2015.

Le 13 septembre à Londres, Sotheby's vend un Ektacolor de la même année de dimension 114 x 167 cm incluant le cadre d'artiste, lot 7 estimé £ 250K. La brunette nue, plus jeune et plus détendue que bien d'autres girlfriends de la même série, est vautrée sur la moto. Son expression d'attente intime et ses cheveux légèrement défaits la rendent amicale, avec un modernisme de composition qui anticipe David LaChapelle.