27 sept. 2017

L'Adieu à New York de Yayoi Kusama

En 1958 Yayoi Kusama apporte à New York City les éléments visuels de son obsession. Le monde est un filet ou un rideau illimité. L'humanité n'est rien de plus que des taches minuscules indifférenciées réparties avec régularité sur ce réseau. L'élément constitutif est le pois (polka dot) mais il peut aussi prendre d'autres formes.

Le très long séjour de l'artiste à New York est une tentative permanente d'échapper au destin commun. Elle imagine et réalise de nombreux happenings aux limites extrêmes de la décence et même au-delà.

Elle est en contact avec les avant-gardes. Donald Judd est enthousiasmé par son minimalisme graphique. Elle admire l'utilisation d'objets ordinaires du hasard par Joseph Cornell qui fait exception à ses habitudes solitaire pour entretenir avec elle une relation quotidienne et platonique qui est profitable à la créativité des deux artistes. Yayoi Kusama couvre de ses pois des objets divers ainsi que les corps nus des participants de ses performances et utilise des miroirs pour aller au-delà de l'infini.

Le 30 septembre à Hong Kong, Sotheby's vend une huile sur toile 107 x 92 cm peinte par Yayoi Kusama en 1972, lot 1067 estimé HK$ 32M. Cette oeuvre est un retour inattendu à son obsession du filet, mais peut aussi être considérée comme un nouveau prototype par l'utilisation de couleurs multiples.

Après 14 ans de surmenage à New York, l'artiste est exténuée. La mort soudaine de Cornell le 29 décembre 1972 achève de ruiner le fragile univers de Yayoi Kusama. Elle rentre au Japon l'année suivante. Sa résidence volontaire depuis 1977 dans un hôpital pour malades mentaux la protège de sa pulsion pour les performances sans réduire sa créativité graphique. Elle a réussi à faire aimer du public sa vision décalée de l'univers.