11 oct. 2017

Lévitation Nordique

A la recherche des sentiments les plus décalés par rapport aux conventions sociales, Edvard Munch est particulièrement attiré par le thème de la solitude à l'intérieur du groupe. Son allégorie est une grande jeune femme aux cheveux d'or dans une longue robe d'un blanc immaculé, debout et tournant le dos au spectateur pour regarder la mer.

L'artiste réalise en 1895 quelques séries de gravures spectaculaires synthétisant sa vision hantée de la condition humaine : le Cri, Madonna, Vampyr.

Pendant son séjour à Paris de 1890 à 1892 Munch avait commencé à s'inspirer des styles post-impressionnistes pour exprimer son symbolisme. Revenu à Paris en 1896 il retravaille sa Jeune femme sur la plage en la libérant de son accompagnant. Une personne seule suffit en effet pour exprimer la solitude. Cette image tranquille est un des messages les plus forts de l'artiste.

La gravure de 1896 de la jeune femme solitaire sur la plage en format d'image 29 x 22 cm est réalisée en aquatinte brunie à l'imitation d'une mezzotinte qui est ensuite colorée à la main par l'artiste. Sur un total de onze ou douze impressions seulement, Gerd Woll distingue pas moins de sept combinaisons de couleurs qui offrent des variations impressionnistes selon la pratique de Monet.

Un exemplaire dans la variante Woll 3 a été vendu pour £ 2,13M incluant premium par Christie's le 20 mars 2013. La femme offre un contraste spectaculaire par rapport aux couleurs saturées du rivage et de la mer.

Le 23 octobre à New York, Sotheby's vend un exemplaire dans la variante Woll 5, lot 92 estimé $ 3M. Ses tons pastels dans lesquels les détails de l'environnement sont également gommés réduisent le contraste mais renforcent le mystère psychique de cette jeune femme en lévitation hors de l'espace, du temps et de la société.