29 nov. 2017

La Tête de l'Ancêtre

Dans la culture Fang du Gabon deux types de statuettes co-existaient : les corps complets et les têtes. Toutes deux étaient utilisées pour le culte des ancêtres ou byeri mais avec des fonctions différentes.

Les corps complets se rapportaient à des ancêtres familiaux bien que leur apparence naturaliste ne constitue pas des portraits reconnaissables. Ils étaient utilisés dans les cérémonies. Les têtes sont plus rares et avaient un rôle rituel plus intime. Enduites d'huile et de poudre, elles servaient plus probablement à communiquer avec l'ancêtre primordial.

La tête Fang à vendre par Sotheby's à Paris le 12 décembre a un superbe historique de provenance et d'exposition à l'époque où ce type d'oeuvre était considéré à juste titre comme la meilleure démonstration de la virtuosité des artistes Africains. Louis Carré l'a exposée à Paris en 1933. Il l'a envoyée et commentée en 1935 pour l'exposition séminale d'art Africain au MoMA en indiquant aussi le nom du collectionneur qui l'avait rapportée du Gabon.

Elle a conservé une patine d'usage ainsi que des traces d'érosion créées par les prélèvements rituels. Les courbes sont parfaites sans erreur de ciselage. Cette pièce est estimée € 1,5M, lot 24.

Malgré la beauté naturaliste il est impossible de savoir si ce visage est celui d'un homme imberbe ou une femme. La coiffure en tresses ne permet pas de résoudre cette question dans la culture Fang. Il est probable que cette ambiguïté soit volontaire et puisse être liée à la très ancienne tradition Africaine d'interprétation hermaphrodite de l'ancêtre primordial.

Je vous invite à regarder la courte vidéo partagée par Sotheby's.