3 nov. 2017

L'Amour Dangereux de Francis Bacon

Dans son couple avec Peter, Francis avait le rôle de la victime d'un sadique. Après Peter, son choix d'aimer George est une expérience avec un homme plus jeune, plus fort et plus beau que lui. Cette liaison avec un malfrat sans culture dérange les amis de Francis, ce qui ajoute encore à son plaisir.

George entre ainsi dans l'intimité de Francis sans être mêlé à sa communauté intellectuelle. Réfugié dans l'alcool et le tabac et sans doute naïf, il ne voit pas le danger. Francis, qui a beaucoup parlé pendant toute sa carrière, déclare pourtant aux autres : "Death is desire" ou "You kill the thing you love".

Les triptyques de têtes de face et profil en grandeur réelle sont un format idéal pour Francis. En peignant les portraits de ses amis il étudie à quel point ses propres passions sont décalées de tout idéal conventionnel. La raison pour laquelle l'art de Francis est si fascinant est qu'il va très loin dans l'introspection, dépassant les limites de la décence.

Le premier triptyque de George, en 1963, sur fond noir, inclut déjà les distorsions qui effacent l'âge du modèle en avilissant les traits du visage. Il a été vendu pour $ 52M incluant premium par Christie's le 17 mai 2017.

En 1964, deux triptyques sur fond clair expriment la banalité et la stupidité du modèle. L'un d'eux a été vendu pour £ 26,7M incluant premium par Sotheby's le 30 juin 2014.

Le 16 novembre à New York, Sotheby's vend un triptyque sur fond noir peint en 1966, lot 40 estimé $ 35M. Dans les images de gauche et du milieu, le nez écrasé et les orbites semi-sphériques ont tué toute possibilité d'empathie.

La même année en grand format, George tente de parler mais son corps désarticulé et gluant empêche la communication. Ce Portrait of George Dyer Talking, 198 x 147 cm, a été vendu pour £ 42M incluant premium par Christie's le 13 février 2014.