8 nov. 2017

Le Kota Pleurant

Les figures de reliquaires Kota du Gabon et du Congo étaient fichées au-dessus des paniers contenant les restes des ancêtres pour repérer l'emplacement enfoui.

Elles répondent toutes à un seul modèle géométrique global.  La tête surmonte au travers d'un cou cylindrique le corps limité à un périmètre de losange. Ces figures polychromes sont en bois entièrement couvert sur la face avant de plaques repoussées et ciselées en cuivre, laiton et fer maintenues par des épingles.

Malgré la similitude globale, il existe des différences esthétiques considérables dues aux traditions des villages et à l'inspiration des artistes. Les spécimens les mieux ciselés sont des chefs d'oeuvre de la sculpture Africaine.

Le spécimen De Miré-Rubin, 66 cm de haut, vendu pour € 5,5M incluant premium par Christie's le 23 juin 2015, montre un visage concave dont l'extrême stylisation est célèbre pour son influence sur l'art moderne Occidental. Son origine tribale est probablement Kota-Ndumu au Gabon.

Trois figures provenant du groupe Kota-Ndassa, dans l'actuel Congo très proche de la frontière du Gabon, ont probablement été réalisées par le même artiste vers le XIXème siècle de notre calendrier.

A l'opposé de la figure Ndumu, le visage est convexe dans une tentative de naturalisme. De larges scarifications radiantes donnent une illusion de pleurs qui est fausse du fait même de l'usage de l'objet. Si ces figures montraient des pleureurs, un tel ornement serait fréquent.

Le Kota-Ndassa provenant des collections Pinto et Arman, 69,5 cm de haut, a été vendu pour $ 1,08M incluant premium par Sotheby's le 11 mai 2012. Son plus proche jumeau, 69 cm de haut, est estimé $ 1M à vendre par Sotheby's à New York le 13 novembre, lot 24.