4 nov. 2017

Le Souffle des Chevaux

En 1909 Wassily Kandinsky définit son inspiration par trois catégories : Impression, Improvisation, Komposition. Cette approche trop théorique ne doit pas masquer le fait que sa grande avancée est de faire ressortir l'expression et la confrontation des couleurs tout en minimisant le trait.

En janvier 1911 Kandinsky est subjugué par la musique de Schönberg entendue dans un concert. Il essayera désormais d'exprimer par sa peinture une sensation universelle et panthéiste avec un rythme qui équivaut à un souffle. Dans ce but il n'a plus besoin de prétexte narratif ni de perspective et il élimine également la cohérence graphique entre les lignes et les couleurs.

Le 13 novembre à New York, Christie's vend une oeuvre de cette nouvelle phase expérimentale. Intitulée Improvisation mit Pferden (Studie für Improvisation 20), cette huile sur toile 71 x 99 cm peinte en 1911 est estimée $ 9M, lot 9 A.

Le souffle lyrique est assuré par la force primordiale de la diagonale montante. Les figures sont plus ou moins identifiables : des chevaux, un couple bleu et jaune, une tour, une rangée d'arbres. Le puissant flot montant est perturbé par une épaisse ligne noire semi-circulaire avec zigzag.

La version finale 95 x 108 cm intitulée Improvisation 20 (Zwei Pferde) a retenu la diagonale et le zigzag, avec des couleurs plus vives. Apparaissant par rapport à la Studie comme un simple détail, elle n'offre pas la même amplitude mais est indiscutablement une des dernières étapes avant l'abstraction pure.