15 nov. 2017

Les Vierges Pensives par Botticelli

Influencé par les humanistes, Sandro Botticelli est revenu à Florence après un court séjour à Rome où ses talents n'avaient pas été suffisamment reconnus. Dans les années 1480 il mène en parallèle les thèmes mythologiques et religieux, à la recherche de l'expression suprême de la beauté.

Depuis la vision de Béatrice par Dante, une jolie femme qui meurt prématurément est un symbole de perfection parce que sa beauté est inaccessible et inaltérable. A la cour des Medicis, Simonetta joue ce rôle posthume : elle est morte en 1476 à l'âge de 22 ans et son souvenir continue à enchanter les artistes.

Le visage parfait de la jeune femme aux longs cheveux blonds est pensif ou triste. Quand Botticelli l'utilise sur un nu comme La Naissance de Venus vers 1485, il n'y a aucune vulgarité : elle est pudique et son attitude est inspirée par la sculpture antique et sa ré-interprétation Florentine.

Le même visage personnalise aussi Marie, comme dans La Vierge à la grenade, un tondo de 143 cm à la tempera sur panneau peint vers 1487. La Vierge et l'Enfant sont entourés d'anges mais les symboles mystiques sont quasiment inexistants dans cette oeuvre où les personnages sont habillés à la mode de la cour de Florence.

Appréciées à Florence jusqu'à la révolution culturelle de Savonarole, les oeuvres religieuses de Sandro sont copiées pour des usages de dévotion privée sur des panneaux rectangulaires par le maître assisté de son atelier. Une Vierge à la Grenade rehaussée d'or sur panneau 90 x 59 cm est estimée € 500K à vendre le 29 novembre par Audap et Mirabaud à Paris, Hôtel Drouot, lot 31.

L'attitude de la Vierge et de l'Enfant est très similaire au modèle du tondo. L'enfant nu regarde vers le haut, communiant avec les pensées tristes de sa mère préoccupée par le pressentiment de la Passion symbolisée par le fruit rouge. Les autres personnages ont disparu, remplacés par un agréable paysage au travers d'une fenêtre.