12 déc. 2017

Balzac en Province

Balzac a voulu construire par ses romans une société fictive pour exprimer tous les types de la société aristocratique et bourgeoise de son temps, le plus souvent en exacerbant leur cupidité. Il est acharné à ce travail auquel il consacre dix-huit heures par jour à lire, à se documenter, à écrire et à corriger. Il veut que le réalisme des détails soit incontestable.

Grand admirateur de lui-même il prévoit pour son oeuvre la notoriété de Napoléon et met sa classification sociale au rang des travaux scientifiques de Buffon et Cuvier. Selon la mode de son temps il est très attentif à la physiognomonie.

Il est né à Tours : pour la vie de province, son expérience est directe. Il a rencontré dès son enfance ces bourgeois, ces docteurs et ces prêtres qui ne savent pas voir le caractère antipathique de leurs mesquineries. Balzac n'écarte rien de l'environnement mental de ses bourgeois qui sont selon les individus attirés, repoussés ou peu intéressés par la religion ou l'occultisme.

Ursule Mirouët, écrit en 1841, est l'histoire d'une innocente jeune fille que tout son entourage veut déshériter. Balzac est particulièrement satisfait de ce roman qui deviendra le premier opus des Scènes de la Vie de Province dans l'édition complète de la Comédie Humaine par Furne.

Le manuscrit de premier jet d'Ursule Mirouët sera vendu le 20 décembre à Paris (Hôtel Drouot) dans la première vente des Collections Aristophil opérée par Aguttes, lot 45 estimé € 800K.

Selon la méthode habituelle de Balzac, ce manuscrit présente de nombreuses différences avec le texte publié. En effet il préférait écrire vite et attendait les épreuves d'imprimerie pour revoir la cohérence et apporter d'innombrables corrections.

Ursule Mirouët est un des deux seuls manuscrits de premier jet de la Comédie Humaine en mains privées. L'autre, Massimilla Doni, sur le thème de la musique, est un peu à l'écart des principaux thèmes sociaux de Balzac.