23 févr. 2018

Quinze Petits Panneaux d'Isorel

En 1949 par un article dans le magazine Life, Jackson Pollock devient un sujet de curiosité pour les Américains avides de construction d'un art nouveau. Sa méthode de dripping sur d'immenses toiles posées à plat sur le sol est unique en son genre. Physiquement et psychologiquement l'artiste devient partie intégrante de l'oeuvre en cours de conception.

Du fond de son atelier à Long Island, Pollock se fiche bien de sa nouvelle réputation. Soutenu par Lee Krasner qui contrôle sa sobriété, il a entière confiance dans sa propre créativité. Son art n'est pas limité à une gesticulation autour de grands formats.

Son frère Sanford "Sande" McCoy Pollock est imprimeur. Il lui reste d'une opération précédente quinze panneaux d'isorel 56 x 56 cm imprimés d'un côté avec un jeu de baseball. Il les donne à "Jack" au début de l'année 1950.

La texture du panneau est plus propice qu'une toile à l'enchevêtrement des couleurs vives de sa peinture à l'émail et aluminium. Pollock n'a plus besoin de travail préparatoire. Quand il crée au verso du jeu de baseball les textures éclatantes de son monde organique, il est en contact direct avec son oeuvre.

Le résultat lui convient à tel point qu'il renonce dans cette série à l'idée d'infini supportée par les grands formats : sur les bords l'isorel brut est conservé avec une netteté tranchante, probablement obtenue avec une épargne.

Number 12, 1950 a été vendu pour $ 18,3M incluant premium par Sotheby's le 12 mai 2015. Number 21, 1950 est estimé £ 10M à vendre par Christie's à Londres le 6 mars, lot 28.