25 avr. 2018

La Répétition de l'Aube

Claude Monet est obsédé par les variations subtiles des couleurs. La rivière toute proche de sa propriété de Giverny offre la tranquillité totale dont il a besoin pour des expériences sans précédent. Avec la série des Peupliers en 1891, il installe plusieurs chevalets en parallèle et passe d'une toile à l'autre en fonction des modifications de la lumière.

Les Peupliers, tout comme Les Meules en 1890-1891 et les Cathédrales de Rouen achevées en 1894, traitent toutes les heures de la journée, offrant des contrastes trop importants entre les peintures de la série. Le succès de ces trois ensembles auprès du public est considérable mais le résultat esthétique ne peut pas satisfaire pleinement l'exigeant artiste.

Pendant l'été 1896 Monet se lève tous les jours à 3H30 du matin, installe jusqu'à 14 toiles en parallèle avec l'aide d'un assistant toujours au même endroit au confluent de l'Epte et de la Seine, peint la dissipation des brumes au lever du jour et s'en va. Le titre de la série est Matinée sur la Seine. Certaines toiles sont panoramiques mais d'autres sont carrées, ce qui est une audace pour un paysage.

Il n'a pas de chance. L'été et le début de l'automne sont très pluvieux. Il n'achève que quatre peintures à la fin de cette saison. L'une d'elles, 89 x 92 cm, a été vendue pour $ 5,7M incluant premium par Sotheby's à New York le 9 novembre 2000. Elle y revient le 14 mai, lot 15 estimé $ 18M. Le temps maussade apporte de doux contrastes sans boucher les ombres.

Monet revient à la même place en 1897 sans rien changer à son processus créatif de l'année précédente, portant le total des Matinées à 22 peintures. L'une d'elles sur laquelle le soleil perce sur les arbres de l'arrière-plan, également 89 x 92 cm, a été vendue pour $ 23,4M incluant premium par Christie's le 13 novembre 2017.