28 avr. 2018

Le Chat qui marche

L'univers existentialiste d'Alberto Giacometti a été démarré avec sa Trinité en 1947. L'artiste devra ensuite compléter cette mise en scène. L'Homme au doigt n'y survit pas, laissant face à face l'Homme qui marche et la Femme debout. La signification d'organes isolés comme la Main ou le Nez est plutôt hermétique. Alberto prépare des mises en scène comme la Forêt, la Clairière ou la Place. Le Buste de Diego est en position d'idole.

L'être humain n'a pas le monopole de l'existence. En 1951 l'artiste décide d'ajouter les animaux. Ce thème ne l'excite pas : il ne fera pas l'arche de Noé et démarrera par quelques spécimens familiers, le chat, le chien et un groupe de deux chevaux. On dit qu'il a réalisé les trois plâtres dans la même journée.

Les chevaux sont trop gros pour rester dans l'atelier. La pluie les rend à la glaise. Il ne recommencera pas. Le Chien à la fois filiforme et squelettique est laid. La tête penchée pour flairer, il n'a ni dynamisme ni prestance. Alberto dira un jour à Genet qu'il a voulu s'identifier à ce triste chien des rues. On le croit ou pas.

Le Chat a une meilleure personnalité. Il est construit sur une horizontale de 81 cm montée sur ses deux paires de hautes pattes en position de marche. La lourde tête dans l'alignement du corps filiforme exprime l'envie d'aller de l'avant.

Des bronzes du chat et du chien ont été édités. Le chien n'a jamais été populaire aux enchères. Un chat édité par Susse en 1955 et provenant de la collection Brody a été vendu pour $ 21M incluant premium par Christie's le 4 mai 2010. Il est estimé $ 20M à vendre par Sotheby's à New York le 14 mai, lot 23. Dans la même vente en 2010 la Grande tête mince a été vendue pour $ 53M incluant premium.

Cette expérience animale est la seule tentée par Alberto. Il laissera complaisamment à Diego ce thème qui ne l'intéressait pas.