4 avr. 2018

Le Dernier Train de Claude Monet

Les jeunes gens de toutes époques sont tentés par la vie moderne. Monet déchante vite. Il avait voulu maintenir à Argenteuil son coin de paradis, une résidence à la campagne pour laquelle le chemin de fer est le lien avec la grande ville et ses progrès. L'urbanisation atteint Argenteuil et Camille est gravement malade. Il ressent le besoin de prendre position.

En janvier 1877 Monet passe quelques jours à Paris pour une série sur la Gare Saint-Lazare, un des meilleurs symboles du modernisme. Il peint douze toiles montrant l'intérieur avec les quais ou l'extérieur avec des trains qui arrivent ou qui partent. Le résultat de cette créativité est significatif. La fumée nauséabonde des trains vient se mêler à un ciel lourdement chargé et donne envie de fuir.

Une seule des douze toiles, 61 x 81 cm, échappe à cette sinistrose grâce à un bel ensoleillement. La vue est prise en direction du double tunnel des Batignolles. A gauche la fumée est un cône assez net. A droite le train n'est pas encore sorti et sa fumée est diffusée en tous sens sur la place, créant un voile dans l'atmosphère du temps clair.

Dans la plus belle tradition des débuts de l'Impressionnisme, cette peinture offre une ambiance par laquelle on peut presque percevoir la chaleur et l'odeur. Rockefeller ne s'y est pas trompé quand il l'a achetée. Il aimait beaucoup cette oeuvre tout en remarquant que le prix demandé lui avait semblé élevé. Elle est à vendre par Christie's à New York le 8 mai, lot 26.

Cette série marque un tournant décisif dans la carrière de Claude Monet. C'est la toute dernière fois qu'il tente d'illustrer le progrès. Pendant près d'un demi-siècle il se consacrera obstinément aux paysages, aux monuments et à son jardin.

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Monet Extérieur de la gare Saint-Lazare, effet de soleil