11 mai 2018

L'Infini des Boîtes à Oeufs

Depuis l'âge de 10 ans Yayoi Kusama souffre d'hallucinations. L'observation du comportement de ses parents y ajoute une horreur obsessionnelle du sexe. La poésie ne suffit pas. Pour se calmer elle peint des réseaux de minuscules pois identiques sur des surfaces infinies.

Quand elle arrive à New York en 1958 l'originalité de son art est reconnu par les avant-gardes. En 1959 et 1960 elle peint beaucoup d'Infinity Nets. L'année suivante elle installe son atelier dans le même immeuble que Donald Judd et Eva Hesse.

Le travail acharné ne suffit pas à la soigner. Comme Dali trente ans auparavant elle veut utiliser la création artistique pour se confronter à sa propre aversion sexuelle. Elle devient pornographe et exhibitionniste et provoque des happenings indécents. Elle peint des pois sur ses vêtements ou sur sa peau nue et procédera plus tard de même avec ses assistants.

La surface plane de ses peintures ne lui suffit plus. En 1962 elle remplit des chaussettes avec du coton ou du bourrage de matelas pour simuler des phallus dont elle tapisse complètement des meubles et des objets divers. Pour évoquer la fertilité féminine, elle récupère des boîtes à oeufs en carton qu'elle dispose côté convexe sur des toiles de grandes dimensions avec la même répétition que pour ses Infinity Nets. Les interstices sont colmatés avec un bourrage et l'ensemble est peint.

Le 16 mai à New York, Sotheby's vend un Untitled 126 x 147 x 6,4 cm réalisé en 1962 avec des boîtes à oeufs fixées sur une toile de lin recyclée d'une peinture antérieure. Cette oeuvre est estimée $ 7M, lot 31.