8 mai 2018

Retour de la Beauté Egyptienne

Max Beckmann est en exil à Amsterdam après avoir fui l'Allemagne Nazie. Après une phase sarcastique, il s'inquiète et s'ennuie. Une nuit cet esthète voit en rêve une tête de femme. Le 27 juillet 1942 il écrit dans son journal :  "Beaucoup de pluie mais c'est très bon pour mon auto-portrait et pour la tête de femme éclairée par en-dessous, terminée. Bonne humeur, poulet au dîner, et pluie, pluie, pluie".

Il a réalisé le portrait d'une femme primordiale dans un étrange cadrage décentré. Ses yeux sont trop grands et lourdement maquillés comme dans les portraits funéraires du Fayoum. L'attitude est solennelle. L'angle d'éclairage laisse le visage à moitié dans la pénombre et renforce la caractère mystique : il faut élever cette petite image au-dessus d'une chandelle.

L'entourage de Beckmann ne s'y trompe pas. Le titre est trouvé : Die Ägypterin, l'Egyptienne. L'artiste a rencontré sa Nefertiti. Ce nom célèbre signifiait "la beauté est venue".

Cette huile sur toile 60 x 30 cm est aussitôt achetée par un ami qui commencera plus tard le catalogue raisonné de Beckmann. Le travail est terminé par sa veuve et cette peinture provient maintenant de sa succession, 76 ans après l'acquisition d'origine. Elle est estimée € 1,5M à vendre par Grisebach à Berlin le 31 mai, lot 20. Voici le lien vers le site de la maison de ventes.

Ce thème né d'une hallucination a plu à l'artiste. Italienerin est très similaire, sauf la lumière qui est plate. Cette huile sur toile 55 x 22 cm peinte en 1946 a été vendue pour £ 1,15M incluant premium par Christie's le 23 juin 2010 sur une estimation basse de £ 400K.