23 août 2019

Une Surprenante Chaise à Porteurs

A partir de 1885, Fabergé fournit chaque année au tsar un oeuf de joaillerie à surprise qui fait l'émerveillement de l'impératrice. Alexandre III meurt en 1894. Son successeur Nicolas II est tout aussi friand que son père des merveilleuses inventions de Fabergé. La production passe à deux oeufs par an, un pour l'impératrice douairière et un pour la nouvelle impératrice.

Nicolas II est couronné en mai 1896, dans une cérémonie grandiose endeuillée par une bousculade qui fait plusieurs centaines de morts. Fabergé avait déjà commencé à travailler sur de nouveaux thèmes : en mars 1896 Nicolas II lui a acheté un prototype de chaise à porteurs miniature de style Louis XVI. Cette pièce est connue uniquement par les registres.

En 1897 une des surprises est un carrosse en or émaillé sur le modèle de la voiture à chevaux du couronnement de la nouvelle impératrice, lui-même une réplique d'un carrosse conçu en 1793 pour la Grande Catherine. Il a 12,7 cm de haut, avec des doubles portes ouvrantes, des roues tournantes et un marche-pied rétractable.

Dans les années qui suivent, Fabergé fournit des miniatures de fantaisie pour le commerce, réutilisant des modèles qui n'avaient pas été montrés dans les oeufs. Les meubles inspirés du luxe français datent de cette période. Les matériaux les plus précieux simulent les textures des pièces de vraie grandeur, comme par exemple la néphrite pour le cuir et l'or émaillé guilloché pour l'acajou.

Le 27 novembre 2017, Christie's a vendu pour £ 790K incluant premium une chaise à porteurs Fabergé de 9 cm de haut poinçonnée par Perchin. Elle est en or avec une décoration intérieure en nacre. Les vitres en cristal de roche sont gravées pour simuler les rideaux et leurs pompons.

Le 10 septembre à Cirencester, Cotswold Auction vend une chaise à porteurs Fabergé de 7,8 cm de haut, lot 555 estimé £ 60K. Comme l'exemple précédent, elle est poinçonnée par Perchin. Le terminus ante quem est 1903, date de la mort prématurée de l'orfèvre. Le terminus post quem annoncé est 1899, probablement par l'inspection des marques.

Cette pièce est la seule chaise Fabergé-Perchin dont les panneaux sont en néphrite vert vif. L'armature de style rocaille est en or repoussé. La porte avant partiellement vitrée ouvre par une poignée, donnant accès à un luxueux siège en nacre. Les vitres latérales séparées en deux parties par un montant en or sont très élégantes et les pompons des rideaux n'ont pas été omis.

22 août 2019

Quatre Fauteuils Chinois

Le zitan et le huanghuali appartiennent tous deux à la catégorie des bois de rose. Extrêmement lourd et très dense, le zitan permet une sculpture profonde et très fine. Il a été choisi par les empereurs de Chine pour les pièces d'apparat.

Très apprécié sous les Ming, le huanghuali est un bois dur qui permet de créer des meubles aux formes audacieuses. Sa couleur varie du brun rougeâtre au jaune d'or tandis que son réseau de nervures peut prendre des aspects pseudo-figuratifs séduisants.

Un groupe de huit sièges Ming en huanghuali serait le saint-graal pour un collectionneur. Je ne sais pas s'il en reste en mains privées et les sous-multiples, quatre et deux, sont très recherchés. La cohérence des couleurs et des grains permet d'assurer l'homogénéité d'un groupe. La virtuosité du menuisier est également considérée.

Le dossier presque carré dont le rail supérieur a la forme d'un joug ou d'un chapeau d'officiel est le guanmaoyi. Un groupe de quatre chaises pliantes sans bras a été vendu pour £ 5,3M incluant premium par Bonhams le 9 novembre 2017 sur une estimation basse de £ 150K. Une paire avec bras a été vendue par Sotheby's le 23 mars 2011 pour $ 2,77M incluant premium sur une estimation basse de $ 200K.

Le quanyi, signifiant chaise à dos circulaire, est également connu sous le nom de fauteuil en fer à cheval. Les meilleurs artisans arrondissent le cercle en réduisant le nombre d'éléments du rail de crête, obtenant une rigidité qui permet aussi d'optimiser les montants. Malgré leur légèreté apparente, ces sièges sont robustes.

Le 17 mars 2015, Christie's dispersait la collection Ellsworth. Les enchérisseurs ont reconnu les qualités des meilleurs quanyi dans le groupe de quatre qui constituait le lot 41. De plus, les deux autres paires qui permettraient de constituer un groupe de huit étaient identifiées au catalogue. Ce lot a été vendu pour $ 9,7M incluant premium sur une estimation basse de $ 800K.

Un autre groupe homogène de quatre quanyi en huanghuali d'époque Ming est estimé $ 800K à vendre par Christie's à New York le 13 septembre, lot 878.

Le Dragon des Jolies Concubines

Le 13 septembre à New York, Christie's vend une tête de dragon en jade vert grisâtre, lot 830 estimé $ 2,5M. Elle a été sculptée dans un bloc de néphrite de belle homogénéité malgré sa grande dimension, 16,5 cm de long. La base est évidée pour pouvoir la fixer sur un poteau. Une corne est manquante. Je vous invite à lire l'article préparé par la maison de ventes, incluant une courte vidéo.

En 1958 cette sculpture était dans la collection Junkunc. Le premier expert qui l'a inspecté a supposé qu'elle avait été faite sous les Han pour décorer un chariot. Une décoration architecturale ne serait pas digne de la ferveur apportée au jade par les empereurs de Chine. A l'époque aucune pièce similaire n'était connue.

Une tête de dragon de 18 cm de long de même matière et conception a été découverte en 1980 dans les jardins de plaisir de l'empereur Xuanzong des Tang, qui régna de 712 à 756 CE. Cette similitude confirme l'origine impériale du specimen Junkunc.

Le règne de Xuanzong est une période de splendeur insouciante. L'empereur est beaucoup plus intéressé par la protection des arts que par le gouvernement. La guerre civile qui éclate en 755 empêche l'importation du jade d'Asie centrale. Ces dragons ne peuvent pas être ultérieurs.

Les sculptures antiques en jade sont rares mais les chroniqueurs et les poètes Tang étaient bavards. Les chariots impériaux tirés par des chevaux étaient ornés de figures dans cinq matériaux différents, chacun correspondant à un usage spécifique.

Le jade était le plus précieux et le plus rare des cinq matériaux. Son chariot de parade était surtout utilisé pour le couronnement des impératrices. Le dragon vert y était accompagné d'un tigre blanc et d'un phénix d'or. Un poète de la fin de l'époque Tang regrette de ne plus voir les luxueux chariots qui acheminaient les jolies concubines.

21 août 2019

Les Trônes Pliants

L'utilisation de sièges pliants, facilement transformables en chaises à porteurs. est bien pratique pour le voyage ou le jardin.  Les Han utilisaient déjà des tabourets pliants. Bien plus tard, la qualité et la beauté du bois permettent de distinguer les élites de plus haut rang, le huanghuali étant le haut de gamme. Ces meubles à mécanismes sont fragiles et les sièges en mauvais bois n'ont pas bien survécu.

La chaise pliante est nommée jiaoyi. Un groupe homogène de quatre chaises Ming sans bras en huanghuali a été vendu pour £ 5,3M incluant premium par Bonhams le 9 novembre 2017 sur une estimation basse de £ 150K. Leur dossier presque carré avec un appuie-tête en forme d'arc (guanmaoyi) précède certainement le très élégant quanyi caractérisé par son rail en fer à cheval qui sert à la fois de haut de dossier et d'accoudoir.

Le quanyi est mieux adapté que les autres formes de fauteuils Chinois pour la création de modèles pliants, la barre avant venant s'intégrer dans la courbure des bras.

Le 13 septembre à New York, Christie's vend un jiaoyi de forme quanyi en huanghuali de la fin de l'époque Ming, lot 876 estimé $ 1M. Son pliage est montré par un opérateur dans l'article partagé par la maison de ventes. Le catalogue fait référence à un siège similaire vendu pour RMB 27,4M incluant premium par Poly le 8 décembre 2018.

L'utilisation comme un trône impérial occasionnel est probable sous les Ming mais n'a pas été illustrée avant les Qing. Une peinture par Castiglione montre Qianlong assis sur un fauteuil pliant pendant une négociation avec des émissaires Kazakhs.

18 août 2019

Les Revolvers Winchester

Le marché des armes à feu était partagé entre Colt, leader pour les armes à main, Winchester, leader pour les fusils à levier, Smith and Wesson et Remington. En 1872 Winchester embauche deux anciens employés de Smith and Wesson pour développer un revolver.

Lors du Centennial Exhibition à Philadelphie en 1876, le revolver Winchester côtoie le fusil Model 1876, avec deux options pour l'éjecteur des cartouches :  par un cylindre fixe avec extraction au pouce, ou par un cylindre pivotant poussant une tringle.

Winchester n'insiste pas, sans doute découragé par la difficulté d'obtenir un contrat avec le gouvernement Américain et aussi avec le Tsar. En juillet 1876, deux mois après l'ouverture de l'Exposition, le projet de revolver est arrêté.

L'exemplaire fourni pour le brevet Centennial est un pistolet de calibre 32 avec éjecteur tournant. Il a été vendu pour $ 63K incluant premium par RIAC le 20 avril 2012. Un revolver de calibre 40-50 avec un éjecteur traditionnel a été vendu pour $ 253K incluant premium par la même maison de ventes le 10 septembre 2016.

En décembre 1876, Winchester soumet sans succès un exemplaire supplémentaire à l'US Navy. Conservé par la Navy jusqu'aux années 1950, c'est un revolver de calibre 44-40 et éjection tournante. Cette pièce est estimée $ 250K à vendre par RIAC à Rock Island le 6 septembre, lot 17. Je vous invite à regarder la video partagée par la maison de ventes. Les trois exemples ci-dessus ne sont ni marqués ni sérialisés.

La population totale des revolvers Winchester est estimée à 13 prototypes, tous modèles cumulés, dont seulement 4 ont l'éjecteur tournant. Ils ont pourtant une grande importance dans l'histoire des armes à feu Américaines, pour deux raisons.

En 1883 Colt tente d'entrer sur le marché des fusils. Winchester utilise ses prototypes pour montrer qu'il est prêt à produire des revolvers et Colt arrête son fusil.

L'éjecteur tournant était une innovation importante qui facilitait l'extraction des cartouches. Il sera utilisé par Colt à partir de 1889 et par Smith and Wesson à partir de 1896.

15 août 2019

Art Deco sous les Tang

Au tout début de la dynastie Tang, la route de la Soie apporte aux Chinois la vaisselle et les bijoux en métaux précieux, par l'entremise des marchands Sogdiens. La Perse exporte ainsi ses techniques de traitement de l'argent martelé, cloisonné, doré au mercure et incisé. L'argent pourrait devenir un substitut de salubrité acceptable face au bronze, au jade et à la céramique.

Un bol Tang de 24,5 cm de diamètre pesant 1,05 Kg a été vendu par Sotheby's le 14 mai 2008 pour £ 1,14M valant à cette époque $ 2,2M, ces chiffres incluant le premium. Il est estimé $ 2M à vendre par Christie's à New York le 12 septembre, lot 551.

La technique est étrangère mais le raffinement est Chinois. Le bol a la forme d'une fleur de lotus ouverte, décorée sur sa paroi extérieure de trois rangées de pétales de lotus qui se chevauchent. Chaque frise est composée de huit éléments. Une guirlande étroite sépare la frise supérieure du bord du bol. L'intérieur est centré d'un médaillon doré montrant une ronde de huit oiseaux dans des branchages en fleurs.

Chaque pétale est un cartouche qui a été réalisé en repoussé avant d'être doré et très finement ciselé de motifs de pivoines et de paires d'oiseaux. Cette illustration est peut-être plus décorative que symbolique bien que la répétition du nombre huit ne soit certainement pas un hasard. La forme des pétales tient compte de la courbure de la paroi, plus évasée dans le bas.

Cette pièce a été réalisée avec une épaisse feuille d'argent arrondie sur une forme. Elle est un tour de force pour ce qui concerne la régularité de son repoussé. Les experts ont observé deux minuscules retouches effectuées par l'artiste pour rectifier le martelage.

Dans la même vente en 2008 et provenant de la même collection, un bol lobé de dimension et technologie similaires a été vendu pour £ 1,6M incluant premium. Cette pièce a conservé son couvercle d'origine. Son iconographie foliée est moins dense.

Ces bols d'une extrême rareté sont également connus en or pur et en argent pur. Ce type n'a pas survécu aux Tang, probablement à cause du développement de la porcelaine.

10 août 2019

La Batterie à Manivelle

Au tout début de la Guerre Civile, Richard Gatling invente le Battery Gun. L'utilisation de canons tournants permet à une seule machine d'égaler la puissance de feu d'une batterie d'artillerie tout en maintenant un faible échauffement. Les premiers canons Gatling permettent déjà 200 tirs par minute.

Le Gatling gun est acheté sur fonds privés par plusieurs officiers pendant la Guerre Civile mais l'armée ne se précipite pas. Il faut attendre 1866 pour que cette arme soit formellement acceptée. Gatling cherche à exporter mais l'admiration de Napoléon III pour son invention à l'Exposition Universelle de 1867 ne débouche sur aucune commande.

Gatling est un inventeur spécialisé dans les machines agricoles et un médecin diplômé. Sa batterie est une application à l'armement de ses machines à semer le riz et le blé. Il n'est pas un officier. Sa machine n'a pas la souplesse nécessaire pour viser une cible et est ainsi inutilisable par l'infanterie. Le risque qu'elle vienne à s'enrayer est inacceptable sur le champ de bataille.

Pour améliorer et promouvoir son invention, Gatling renonce à une fabrication indépendante en 1870 tout en maintenant sa société d'ingénierie. Il vend ses brevets à la société Colt et emménage avec sa famille à proximité de l'armurerie Colt à Hartford. C'est une sage décision. Les améliorations qui en résultent culminent avec le Model 1877 Bulldog, le seul modèle Gatling à avoir reçu un sobriquet.

Pendant cette période Colt et Gatling ont apporté beaucoup de simplifications. Le nombre de canons est réduit à 5. La transmission mécanique et la capacité de chargement ont été améliorées, augmentant la cadence de tir. Le Bulldog est le premier Gatling Gun où les canons et la culasse sont entièrement couverts par une enveloppe de métal, avec une nouvelle compacité qui permet l'installation sur un trépied.

Le Bulldog a été fabriqué en 17 exemplaires. L'un d'eux, offert dans le montage classique sur un chariot à deux roues, a été vendu pour $ 395K incluant premium par Heritage le 14 décembre 2014. Un Bulldog sur trépied est estimé $ 275K à vendre le 7 septembre par RIAC à Rock Island, lot 1105. Je vous invite à regarder la vidéo partagée par la maison de ventes. Un Bulldog de seconde génération a été édité par Colt en 50 exemplaires.

Le Battery Gun de Gatling est un précurseur direct de la mitrailleuse automatique. Rendu obsolète à cause de sa manivelle à main, il a été démilitarisé en 1911 et beaucoup d'exemplaires ont été détruits.

9 août 2019

La Médaille du New York Clipper

Créé en 1853, l'hebdomadaire New York Clipper est le tout premier journal Américain à être entièrement consacré aux loisirs. Sa couverture est vaste : théâtre, musique, danse, sports, plein air. Sa compétence pour le cirque en fait la meilleure référence pour cette activité. Le Clipper suit de très près le baseball, qui avait commencé comme un passe-temps entre équipes locales de New York, Brooklyn et le Bronx.

En 1868 le Clipper décerne des médailles aux meilleurs joueurs de baseball. Il s'agit de la toute première initiative de ce genre pour ce sport.

A cette date, chacun sait que l'amateurisme est un leurre, contourné par tous les moyens possibles. L'année suivante le professionnalisme sera admis. Harry Wright, fils d'un joueur de cricket professionnel d'origine anglaise, créera la toute première équipe de baseball exclusivement constituée de professionnels, l'éphémère Cincinnati Red Stockings.

La médaille Clipper a été uniquement attribuée en 1868. Deux raisons peuvent être invoquées. La réalisation des médailles coûtait certainement trop cher, et les champions étaient désormais motivés par la possibilité d'obtenir ouvertement un salaire.

Le 17 août à Dallas, Heritage vend la médaille Clipper Prize attribuée à George Wright, lot 56051 estimé $ 200K. Elle est entièrement authentique à l'exception d'un ruban qui joignait l'épingle de cravate portant le nom du joueur avec la partie principale du bijou. Elle est accompagnée d'un autographe écrit par Wright quand il a donné ce trophée à son petit-fils.

George Wright, qui était le jeune frère de Harry, était considéré comme le meilleur joueur de son temps, inégalable comme défenseur. On ne sait pas si des médailles ont aussi été décernées à d'autres joueurs. Il semble que les archives du journal n'aient pas encore été analysées sur ce point précis par les archéologues du baseball.

5 août 2019

Sous le Soleil de Californie

Ferrari mise sur sa 250 GT pour offrir des modèles commerciaux de haut de gamme. La berlinette, qui sera bientôt appelée la TdF, apparaît en 1956 et le Cabriolet Pinin Farina en 1957. Les concessionnaires aux Etats-Unis, Von Neumann sur la côte Ouest et Chinetti à l'Est, accueillent ces nouveautés avec le plus haut intérêt.

Le marché Américain est stratégique pour les constructeurs Européens. Von Neumann et Chinetti concluent que les nouvelles Ferrari ne répondent pas à l'évolution du marché Américain. Le Cabriolet Pinin Farina vise une clientèle de milliardaires et ne doit pas être comparé avec une voiture de sport. La berlinette interpose son toit entre ses passagers et le soleil de Californie. C'est d'autant plus dommage que les célébrités aiment les voitures décapotables pour mieux agglutiner les paparazzi autour du luxe et de l'élégance de leurs vies privilégiées.

Enzo Ferrari n'est pas convaincu. Il sort cependant en décembre 1957 un prototype qui répond aux demandes de ses partenaires Américains. Scaglietti, le carrossier qui assemblait la TdF, a utilisé le même modèle de châssis pour construire un cabriolet, sans apporter d'autre innovation technique. Cette voiture destinée à l'Amérique inclut cependant déjà l'option des phares carénés, interdite en Italie.

Le prototype est livré en janvier 1958 à un client Américain par l'intermédiaire de Chinetti. Il a été vendu pour $ 6,6M incluant premium par Gooding le 19 août 2012.

Scaglietti commence l'assemblage d'une série en juin 1958 avec une cadence moyenne de deux voitures par mois, sans avoir fait d'autre prototype. Enzo reste réticent mais est pragmatique. Si Scaglietti ne fait pas cette Speciale, les client lui demanderont de transformer leurs berlinettes et Ferrari perdra le contrôle commercial de ce modèle.

La nouvelle 250 GT est enfin annoncée en tant que modèle séparé en décembre 1958, sous le nom de Ferrari 250 Granturismo Spyder California pouvant être abrégé en Ferrari 250 California. Le terme 'cabriolet' est soigneusement évité pour maintenir les ventes du très onéreux 250 GT Cabriolet Pinin Farina. Le mot Spyder, avec un Y comme le Spyder Porsche, allèche les nouveaux clients qui désirent concilier la route et la compétition. Ce modèle est maintenant désigné Ferrari 250 GT LWB California Spider.

Construite en novembre 1958, une California Spider a été vendue pour $ 8,8M incluant premium par RM le 18 janvier 2014. Listée par la même maison de ventes le 20 août 2016, elle n'a pas été vendue. Elle est estimée $ 11M à vendre par Gooding à Pebble Beach le 16 août, lot 44. Voici le lien vers le communiqué de presse. Elle est conduite par David Gooding dans la vidéo partagée par la maison de ventes.


3 août 2019

Le Stanhope Electrique de la Famille Riker

L'automobile est le véhicule de l'avenir. Les inventeurs installent des moteurs sur leurs bicyclettes. Plusieurs technologies sont en concurrence : la vapeur, l'essence, le gaz, la batterie électrique.

En Europe les 100 Km/h seront bientôt atteints. Pour ces très grandes vitesses, les voitures électriques dominent, menées par la Jeantaud conduite par Chasseloup-Laubat et par le prototype conçu et piloté par Jenatzy. Leurs records seront ensuite dépassés par une voiture à vapeur Gardner-Serpollet conduite par Léon Serpollet.

Les pragmatiques Américains s'intéressent au développement des voitures de ville. La Mechanics Fair qui ouvre à Boston en octobre 1898 expose quatre automobiles : une voiture électrique par Pope, une autre par Riker, une voiture à vapeur, et un tricycle à essence par De Dion-Bouton qui démontre l'avance industrielle de l'Europe sur l'Amérique.

Ces voitures Américaines n'ont pas la forme d'obus qui facilite les vitesses extravagantes. La Riker Electric de la foire de 1898 est carrossée en Stanhope avec un pilote, un passager à son côté et un autre passager tourné vers l'arrière. Elle gagne cependant plusieurs compétitions locales incluant une ambitieuse course de 50 miles sur route. Elle gagne une médaille d'or pour sa conception industrielle à l'Exposition Universelle de Paris en 1900.

Andrew L. Riker avait créé sa société de fabrication de moteurs électriques en 1888 et de véhicules à moteurs un an plus tard. Son Stanhope est sa voiture préférée, qui devient bientôt la voiture personnelle de sa femme. Peu avant la mort de l'inventeur en 1930, elle est léguée au Henry Ford Museum qui constate une performance de 25 mph sur asphalte ou macadam.

Quand le Ford Museum recentre sa collection sur d'autres priorités en 1985, le Stanhope est acheté aux enchères par la famille Riker. Acquise ensuite par l'ami qui avait été chargé de sa maintenance, elle sera vendue par Worldwide Auctioneers à Pacific Grove (Monterey) le 15 août, lot 38.

Choyée depuis plus de cent ans comme un trésor familial, cette Riker Electric est restée entièrement dans son état d'origine, non restaurée. Elle a été remise en état de fonctionnement. Sa plaque minéralogique en cuir marquée ALR aux initiales de Riker est également la plaque d'origine de cette voiture selon une tradition familiale. Elle est une curiosité historique de son propre droit, antérieure à la mise en place d'un système numérique à New York.