3 déc. 2014

La Gloire de Milou au Petit Vingtième

En 1928, le quotidien belge Le Vingtième Siècle crée le Petit Vingtième, un supplément pour la jeunesse paraissant chaque jeudi, et en confie la rédaction à Georges Remi, âgé de 21 ans, déjà connu sous son pseudonyme Hergé.

Tintin apparaît en 1929. Jusqu'à la disparition du Vingtième Siècle en 1940 pendant l'occupation Allemande, le Petit Vingtième voit le développement progressif de l'art d'Hergé, qui lui consacre toute son énergie et tout son talent.

L'image devient simple et lisible, avec un trait noir d'épaisseur constante qui accueillera après la guerre la couleur en cloisonné et qu'on nomme maintenant la ligne claire d'Hergé. La première histoire qui n'aura pas besoin d'être re-dessinée est L'Oreille Cassée, en 1937-1938.

Le Vingtième Siècle est un journal monarchiste et l'analyse à peine masquée des événements politiques à travers les aventures de Tintin est la bienvenue. En 1938-1939, le Sceptre d'Ottokar est une réaction directe à l'Anschluss. La menace des dictatures contre le roi de Syldavie est une incitation pour les Belges à aimer et protéger leur roi.

Le 14 décembre en duplex à Bruxelles et Paris, Millon vend le dessin original 22 x 25 cm à l'encre de chine et crayon bleu d'une couverture du Petit Vingtième, parue le 20 juillet 1939, lot 30 estimé € 350K, illustré sur l'article partagé par Le Soir. Comme beaucoup de dessins originaux d'Hergé, il a été dédicacé longtemps après quand l'artiste l'a donné à un ami.

Ce grand dessin est important pour deux raisons. Il est un très bel exemple de la ligne claire d'Hergé, parfaitement maîtrisée juste avant la seconde guerre mondiale. Il montre une scène hautement émotionnelle du Sceptre d'Ottokar, quand Milou sauve la monarchie en rapportant au roi le sceptre volé.