1 déc. 2014

La Tête d'une Reine de France

A la fin du Moyen-Age, le gisant est la forme la plus courante de l'art funéraire des rois de France et de leur famille. Pour des raisons de conservation des chairs, le corps, le coeur et les entrailles donnent lieu à trois tombes séparées installées dans des lieux ecclésiastiques différents.

Les sculpteurs spécialisés sont appelés les tombiers. Pendant le règne de Charles V le Sage, ces réalisations sont confiées à deux artistes concurrents, André Beauneveu et Jean de Liège.

L'identification du personnage représenté ne permet pas une datation précise. D'une part, certains monuments ont été réalisés ou refaits longtemps après la mort. Ainsi le tombeau de la jeune Marie de France morte en 1341 a été terminé par un assistant de Jean de Liège après la mort de l'artiste survenue en 1381. A l'inverse, le gisant de corps de Charles V a été commandé de son vivant à Beauneveu dès 1364.

Le double tombeau de corps de Charles V, mort en 1380, et de sa femme Jeanne de Bourbon, morte en 1378, était un des plus opulents de la basilique funéraire de Saint-Denis. Lors de l'exhumation des rois de France en 1793, la statue du roi a été sauvée mais celle de la reine a été démantelée, très certainement pour faciliter un usage commercial.

Le 11 décembre à Paris, PIASA vend une tête de femme en marbre provenant d'un gisant, lot 26 estimé entre € 500K et 1M.

Les traits idéalisés ne permettent pas une identification mais leur style permet une attribution à Jean de Liège ou son atelier. Le front haut et la coiffure tressée sont à la mode en vigueur dans les années 1370, et l'échelle relativement grande est la même que celle de la statue du roi. Tous ces éléments convergent pour considérer que ce fragment 23 x 21 x 19 cm récemment retrouvé est la tête du gisant de corps de la reine Jeanne à Saint-Denis.

Le communiqué de presse de la maison de ventes présente en annexe un important dossier en français et en anglais par l'expert Laurence Fligny.