3 janv. 2015

Le Plafond des Arts

Charles Perrault était un proche collaborateur de Colbert, le très efficace ministre qui organisa la puissance de la France dans tous les domaines d'activités au service de Louis XIV. Perrault participa à l'organisation et au développement des Académies littéraires et savantes.

Perrault fut le hardi meneur d'une nouvelle ligne culturelle contribuant à minimiser le passé pour mieux glorifier le règne en cours. Au début des années 1680, il imagine de consacrer aux arts le plafond du cabinet de son hôtel particulier Parisien, sur une surface totale de 8,5 x 4,5 m.

Les onze éléments du plafond sont peints par onze artistes différents. L'objectif de Perrault est de substituer à la liste classique des sept arts libéraux une nouvelle liste de huit arts plus adaptée à la vie de son temps. Seule la musique figure dans les deux listes.

La décoration n'était pas l'objectif principal de Perrault. Son hôtel a été détruit en 1683 pour permettre la réalisation de la Place des Victoires et le plafond peint n'a sans doute jamais été assemblé. En 1690, trois ans après avoir lancé dans le monde littéraire la querelle des anciens et des modernes, il publie un petit livre illustré des onze images pour expliquer et promouvoir ses théories concernant les arts et sciences modernes.

On peut penser que toutes les peintures étaient encore en possession de Perrault en 1690. Elles ont disparu par la suite sauf l'Eloquence actuellement conservée au musée de Brest.

La Musique vient de faire surface. Cette huile sur toile 98 x 152 cm avait été peinte par Antoine Coypel, âgé d'à peine plus de vingt ans mais dont le talent précoce était célèbre. Cette peinture est estimée $ 1,5M, à vendre par Sotheby's à New York le 29 janvier, lot 87.

Cette oeuvre est une allégorie complexe habilement construite autour d'une femme et de cinq jeunes enfants. La femme joue d'une lyre antique ornée d'un soleil (l'emblème du roi), tandis que les enfants ouvrent le futur avec des instruments plus modernes. Une scène de théâtre lyrique en arrière-plan et des livres se référant aux musiciens modernes renforcent les symboles.

Ces six personnages représentent probablement les cinq enfants naturels de Louis XIV et Montespan autour de leur nouvelle gouvernante Madame de Maintenon considérablement rajeunie pour faire plaisir à la cour.