11 mars 2015

La Ligne Claire d'Edgar P. Jacobs

L'artiste Bruxellois Edgar P. Jacobs avait été un très proche collaborateur de Hergé. Lorsqu'il commence en 1946 la série Blake et Mortimer, il adopte le style de ligne claire et son histoire est tout naturellement accueillie dans le nouvel hebdomadaire Tintin.

Jacobs cherche à introduire un aspect familier dans la science-fiction, donnant une illusion de réalisme très plaisante aux scénarios fantastiques. La Marque Jaune, située dans l'ambiance et le brouillard de Londres, est son chef d'oeuvre.

Les histoires de Jacobs ont les mêmes ingrédients de base que les films d'horreur d'avant-guerre : le monstre aux pouvoirs illimités, les victimes innocentes, le savant fou, la menace pesant sur l'humanité. Le signe maléfique μ laissé par le criminel de la Marque Jaune est inspiré de M le Maudit (ou plus directement des Cigares du Pharaon). Il est difficile de ne pas voir une influence d'Agatha Christie dans les disparitions successives au sein d'un petit groupe au début de la même histoire.

Le 14 mars à Paris, Christie's vend le dessin original de la planche 8 de La Marque Jaune, lot 69 estimé € 100K. Ce dessin 34 x 45 cm à l'encre de chine et graphite rehaussé de gouache inclut les codes chiffrés pour le remplissage ultérieur des phylactères. Il a été publié en novembre 1953 dans Le Journal de Tintin puis en 1956 dans l'album.

L'action est intense tout au long de l'histoire et cette planche ne fait pas exception. Elle inclut l'ambiance d'une rue de Londres, les deux bons héros, des officiers de police, la marque maléfique et même l'oeil scrutateur d'un personnage encore secondaire à cette étape de l'histoire qui sera plus tard identifié comme le savant manipulant à distance le cerveau de la créature.