29 avr. 2015

L'Auto-Effacement de Yayoi Kusama

Dès son enfance, Yayoi Kusama pratique le dessin et la peinture pour combattre ses angoisses. Elle voit en hallucination le motif quelle peint, répété à l'infini, et vient à l'assimiler à la contradiction entre l'individu et l'humanité.

En 1958, voyant les réseaux de lumières de New York du haut des gratte-ciel, elle comprend la dimension mystique de sa névrose. Elle exprime l'infini, passant des dizaines d'heures consécutives à peindre inlassablement le même motif coloré minuscule en une répétition qui calme sa névrose.

Son art vient au bon moment, quand New York cherche à définir une suite à l'expressionnisme. Cherchant le calme psychique par l'annihilation, la self obliteration selon ses propres mots, elle est admirée par Donald Judd et par les minimalistes. L'utilisation du blanc dans l'art est le thème de nombreux artistes dont Manzoni, Ryman, Uecker et la répétitivité illimitée de son pinceau est comparable à Agnes Martin.

Le 12 mai à New York, Sotheby's vend Interminable Net No. 3, une des premières oeuvres de son nouveau style de New York. Cette huile sur toile 133 x 125 cm peinte en 1959 est estimée $ 5M, lot 17. Le 12 novembre 2014, Christie's a vendu pour $ 7,1M incluant premium White No. 28, 148 x 111 cm peinte en 1960.

Cette thérapie sans précédent par l'art abstrait a peut-être soulagé temporairement Yayoi Kusama mais ne l'a pas guérie. Son installation volontaire dans une maison de santé mentale au Japon n'a pas stoppé sa créativité.