27 juin 2016

Lely par Lui-Même

Le roi Charles I était un très grand amateur d'art, à l'époque où les plus grands peintres travaillaient sur le continent. Il ne parvint pas à intéresser Rubens à une position permanente à sa cour, mais il eut Van Dyck qui créa la mode des portraits de personnalités et la porta à la perfection par le réalisme et la souplesse de son style.

La mort prématurée de Van Dyck en 1641 n'arrête pas cette tendance. La place est libre pour d'autres jeunes étrangers. Pieter van der Faes arrive à Londres à ce moment-là. Il utilise le pseudonyme de Peter Lely, plus facile à prononcer et évoquant le symbole héraldique du lys qu'il expliquait par une décoration du pignon de la maison de son père.

Peter Lely fut un artiste extrêmement prolifique qui utilisa de nombreux assistants. Aimable et mondain, il mena sa carrière sans interruption malgré les turpitudes politiques du temps, de Charles I au Commonwealth puis à la Restauration des Stuart.

La demande légendaire de Cromwell que Lely fasse son portrait avec toutes ses verrues est indirectement un hommage au réalisme et à la psychologie de l'art de Lely. Plus tard, Charles II le laissera montrer en tenue de Vénus la fameuse maîtresse officielle Nell Gwyn.

Peter Lely était aussi un très bon dessinateur. Le 6 juillet à Londres, Sotheby's vend un autoportrait 39 x 31 cm à la craie noire subtilement rehaussée de couleurs et de blanc, lot 216 estimé £ 600K. Il avait été conservé jusqu'à maintenant dans la descendance de l'artiste.

L'homme est jeune et fier de lui-même, dans un ample vêtement, accoudé à une table. Le visage est jeune, avec une fine moustache. Le dessin des cheveux naturels bouclés, très longs selon la mode de ce temps, est d'une remarquable précision. L'angle de vue est le même que sur un autre autoportrait réalisé sans environnement vers 1641 mais les experts préfèrent dater le dessin à vendre du milieu des années 1650.