2 juil. 2016

Purisme à Haarlem

Une fois la paix revenue, les guerres de religions ont laissé la place à des sensibilités très différentiées entre les Catholiques et les Protestants. Haarlem devient le centre d'une activité culturelle Protestante intense animée dans les années 1620 par Samuel Ampzing.

Infatigable pamphlétaire, Ampzing est aussi un théoricien qui promeut le purisme en poésie dans le but de refouler les mots d'origine étrangère. Très engagé dans la vie artistique de Haarlem, il connaît Hals, commande à Saenredam des dessins topographiques de la ville et n'omet pas de soutenir Claesz et Heda.

Peintre de vanités à ses débuts, Pieter Claesz s'intéresse à la lumière. Il développe son art autour d'une géométrie qui doit être sans faute, avec toute la complexité de la réflection plus ou moins intense sur le verre et l'étain et de la réfraction au travers du verre et des liquides. Les surfaces réfléchissantes identifient l'origine hors champ des rayons lumineux.

A partir de 1627 Claesz et Heda innovent simultanément par une restriction spectaculaire de la palette de couleurs, selon une tendance qui était déjà testée par les paysagistes. Claesz est considéré comme le pionnier de cette tendance dans la nature morte mais Ampzing accorde en 1628 une importance égale aux deux artistes dont il est difficile d'identifier s'ils étaient amis ou concurrents.

Le 6 juillet à Londres, Sotheby's vend une nature morte de déjeuner peinte en 1629 par Claesz, huile sur panneau 45 x 61 cm, lot 15 estimé £ 1,8M. Il a disposé sur la table un grand roemer empli de vin, un verre façon Venise couché et plusieurs assiettes d'étain. La seule couleur vive est le jaune des citrons. Quelques olives vertes complètent la composition.