25 févr. 2018

Le Smash Social de Mark Bradford

Mark Bradford n'est pas un peintre. Il récupère les rebuts de la civilisation comme par exemple affiches et pages de magazines qu'il déchiquète avant de les coller sur ses toiles avec une minutieuse préparation de l'équilibre des formes et des couleurs. Parfois dans l'immensité d'une oeuvre un détail d'image ou un mot subsiste d'un document original par une ironie volontaire de l'artiste.

Bradford est un Africain-Américain. Les titres de ses oeuvres appellent à une lecture sociale plutôt que raciale, contre les abus de la civilisation envers les classes pauvres. Il capte dans son art abstrait l'espace illimité des quartiers de Los Angeles comme Pollock avait capté le sol organique de Long Island.

Le 8 mars à Londres, Phillips vend Helter Skelter I, l'une des deux oeuvres de ce titre réalisées en 2007, lot 14 estimé £ 6M.

Le titre a une double signification dans l'histoire sociale récente. Il est d'abord la chanson qui a poussé les Beatles et plus particulièrement Paul McCartney dans le style du hard rock en 1968. Malheureusement à Los Angeles cette avancée des Beatles a été récupérée comme emblème par Charles Manson dans sa croisade répugnante pour l'extermination des blancs. Ce chef de secte blanc voulait à ce moment être le roi des noirs.

Helter Skelter I, 366 x 1036 cm, est vendu par John McEnroe après avoir couvert un mur de son appartement. L'enfant terrible du tennis est devenu galeriste en 1993 et a également tenté de devenir une star du rock. Sur les courts il était connu pour son agressivité gagnante, avec la caractéristique très rare à son niveau de n'avoir jamais eu d'entraîneur. Cet intérêt de McEnroe pour l'art de Bradford est un hommage à l'énergie du jeune artiste.