16 févr. 2018

Sculptures de Table par Matisse

Henri Matisse est un des premiers artistes qui dégagent l'art figuratif des proportions réalistes de la photographie. Il pétrit l'argile à partir de 1899. Ses sculptures de table lui permettront d'observer les angles de vues hardis qui apporteront une harmonie expressive aux disproportions. La Danse, en 1909, est l'aboutissement le plus spectaculaire de ce processus créatif. Les nus d'argile de Matisse sont à comparer aux chevaux de cire de Meissonier.

Matisse explore plusieurs chemins en parallèle dont le pointillisme inspiré par Signac, et c'est le Fauvisme qui assure sa notoriété en 1905. Peu après les premières rencontres des artistes Européens avec l'art tribal Africain le convainquent de la possibilité de déroger aux formes de la nature.

Pendant ses séjours à Collioure Matisse rencontre fréquemment Maillol à Banyuls. Maillol cherche à simplifier le nu pour atteindre la pureté dans des proportions parfaites. Ils ont ainsi des approches complémentaires qui toutes deux libèrent le nu de l'érotisme musclé de Rodin.

En 1907 à Collioure, Matisse conçoit Nu allongé I, 34 x 50 x 29 cm. La torsion du corps pourrait évoquer Rodin mais le coude levé hypertrophié annonce un art nouveau. Cette oeuvre sera surnommée l'Aurore par comparaison de l'attitude robuste avec le célèbre marbre funéraire par Michelangelo. La même année son Nu bleu est une projection picturale du Nu allongé I. Cette oeuvre qui sera très abondamment imitée par Picasso inaugure la concurrence sévère entre les deux artistes.

La priorité de Matisse est la peinture mais il fait aussi des bronzes, avec parcimonie. De son vivant onze bronzes du Nu allongé I sont effectués, le dernier étant une épreuve d'artiste. Ils sont échelonnés de 1908 à 1951 en pas moins de cinq fontes différentes.

Les trois premiers bronzes sont édités à Paris vers 1908 par Bingen et Costenoble qui travaillaient aussi pour Maillol. L'un d'eux est estimé £ 5M à vendre par Phillips à Londres le 8 mars, lot 9. Deux copies ultérieures ont obtenu aux enchères des prix très importants pour leur temps : $ 8,4M par Christie's le 9 novembre 1999 pour un des deux bronzes de 1912, et $ 9,6M par Phillips le 7 mai 2001 pour un des trois bronzes de 1930.