29 mars 2018

Le Bonheur d'être Apis

Pendant toute la période Pharaonique le taureau Apis a été l'être le plus heureux du monde. Les Egyptiens ne le confondaient pas avec un dieu mais interprétaient ses mouvements comme des oracles. Quand il mourait les prêtres sélectionnaient pour sa succession le veau qui répondait le mieux à des critères immuables.

Jamais une bête n'a été plus choyée que le taureau Apis. Une longue procession fluviale sur le Nil assurait son transfert du pré au sanctuaire. A la période du rut la plus belle génisse lui était offerte. Sa mort était célébrée par un deuil de 70 jours, le temps nécessaire à l'embaumer.

Apis personnalisait la puissance sexuelle et la fécondité et toute sa carrière était festive. Dans l'imagerie Egyptienne il partageait avec Pharaon le symbole du cobra protecteur dressé sur le front. Il portait également le disque solaire entre le garrot et le haut des cornes.

Les statues du taureau Apis étaient réalistes pour exhiber au mieux les attributs de son canon. Le 18 avril à New York, Christie's vend au lot 54 un Apis de 58 cm de long en granodiorite, la splendide pierre noire Egyptienne. Son polissage lustré est typique de la période nationaliste qui a précédé les Ptolémées, quand la capitale était revenue à Memphis.

Apis est debout en ronde bosse. Il marche avec entre les pattes une stèle décorée des deux côtés par un motif de papyrus dont la signification était surtout décorative puisque l'animal adulte n'allait plus dans les champs. Le système pileux est incisé avec les détails nécessaires incluant la mèche, les sourcils, la crinière et la queue. Il a conservé son soleil et son cobra mais sur les photos du catalogue les sabots semblent manquants.

Apis était unique à Memphis mais avait des imitateurs dans d'autres villes surtout quand le pays était politiquement divisé. En l'absence d'inscription sur la statuette il est en toute rigueur impossible de conclure si le taureau de Christie's est un Apis, un Buchis de la région de Thebes ou un Mnevis d'Heliopolis.