25 avr. 2018

Un Hurlement Mexicain

A la différence d'Orozco, Rivera et Siqueiros, Tamayo ne veut pas illustrer la révolution. S'appuyant sur ses origines Zapotèques, il cherche à exprimer dans son art les racines et les particularités du peuple Mexicain. Comme Lam à Cuba, ses origines sont mêlées. Comme Lam, il trouve la solution dans une adaptation de l'art moderne à son propre message.

L'expression picturale n'a pas besoin d'une palette chatoyante. Tamayo réduit sa peinture à des couleurs pures et sombres, en un équilibre unique en son genre qui aurait pu le mener de façon durable à l'abstraction.

Le Guernica de Picasso est mis à l'abri des censures politiques au MoMA depuis 1939. Tamayo est à New York depuis 1937. La guerre en Europe ne peut pas le laisser indifférent. Guernica inspire son propre cri d'angoisse, dans son inimitable style de couleurs.

Le 14 mai à New York, Sotheby's vend Perro aullando a la Luna, huile sur toile 112 x 86 cm peinte en 1942, lot 25 estimé $ 5M.

Le chien rouge sombre est assis dans la nuit bleue, plus grand que nature. Il hurle comme le cheval de Guernica bien qu'aucune menace ne soit visible. La gorge tendue laisse apparaître les veines gonflées par le cri. Les beaux os posés devant lui comme des offrandes ne le calment pas.

Le chien de Tamayo n'est cependant pas un chien de Guernica. Des représentations de chiens hurlants existaient dans l'Amérique pré-Colombienne que Tamayo connaissait bien : il avait commencé sa carrière à Mexico en 1921 dans le département de dessin ethnographique du musée d'archéologie.

Je vous invite à regarder la vidéo partagée par Sotheby's :