27 mai 2018

Abstraction Florale par Nicolas de Staël

L'art de Nicolas de Staël est extrêmement authentique, sans lien avec les écoles, parce qu'il est l'expression de son obsession pour la peinture. Nerveux et susceptible, capable des plus grandes joies et des plus grands désespoirs, l'artiste a continuellement des doutes sur la qualité de son travail. Le rejet d'une de ses peintures par un admirateur habituellement enthousiaste est pour lui un drame de la plus haute intensité.

Dans sa période abstraite sa peinture est posée au couteau avec des épaisseurs qui s'accumulent jusqu'à obtention de l'effet désiré. Cet effet maçonné plait aux amateurs de l'Ecole de Paris. De Staël déroute ce public sympathisant quand il renonce soudain à l'abstraction pure en déclarant que la peinture ne doit être ni abstraite ni figurative.

Cet artiste hypersensible cherche désormais tous les thèmes capables de l'éblouir. Le déclenchement de cette nouvelle phase de son art est un match de football le 26 mars 1952 au Parc des Princes, un des tout premiers à être joués en nocturne sous l'illumination des projecteurs. Dans la suite de sa courte carrière il cherchera partout les couleurs éblouissantes qu'il associera souvent à des rythmes musicaux.

De Staël veut revoir le soleil de Provence : il passe l'été 1952 dans une cabane du Lubéron. Il s'inspire d'un vase de roses par van Gogh pour regarder les fleurs.

Le 7 juin à Paris, Christie's vend une nature morte de fleurs, huile sur toile 147 x 98 cm peinte par De Staël en 1952, qui est son plus grand format sur ce thème et en quelque sorte l'aboutissement de sa recherche d'expression florale de cet été-là. Elle est estimée € 3,5M, lot 28.