21 mai 2018

Les Huit Vertus du Brésil

Partisan du Kuomintang, Zhang Daqian s'exile en 1949. Dans les années suivantes il voyage énormément tout en cherchant aussi un pied-à-terre durable. Il n'est cependant pas un artiste cosmopolite : jamais il n'oubliera que sa sensibilité et ses thèmes sont Chinois.

Il achète en 1953 un terrain près de Sao Paulo pour y installer son Jardin des Huit Vertus. Il est épuisé par cette tâche et sa vue baisse. Dans ses peintures de paysages les contours des montagnes deviennent épais et durs.

Zhang n'est pas seulement le meilleur connaisseur de deux mille ans d'art graphique Chinois. Il est aussi un chercheur de nouveaux styles. Le 29 mai à Hong Kong, Christie's vend Viewing the waterfall, rouleau 134 x 68 cm à l'encre et couleurs, lot 1379 estimé HK$ 60M.

La montagne très escarpée ressemble à un Pain de Sucre de Rio mais c'est peut-être seulement un hasard. Par un autre hasard elle est aussi proche des montagnes Maoïstes de Li Keran. Elle est en fait profondément ancrée dans la tradition Chinoise.

Elle est datée par l'artiste en Chinois, douzième mois de l'année guimao correspondant à 1963 CE. Ce paysage pourrait être universel mais le sommet abrite un ancien temple typique. Tout en bas deux voyageurs sont confrontés à l'immensité de la nature, un des thèmes les plus traditionnels du paysage Chinois.

Cette oeuvre est un des plus anciens exemples du mélange de deux techniques que Zhang pratiquera avec une grande réussite pendant vingt ans. La cascade, les personnages, les temples sont dessinés avec finesse. Les surfaces qui ne servent pas à la narration sont diluées dans de larges éclaboussures de bleu et de vert.

Il ne fait pas de doute que cette technique sans précédent dans l'art moderne est une référence aux lavis Mogu aimés par les Tang. Elle est peut-être aussi utile pour ménager la vision affaiblie de l'artiste.