24 juin 2018

Charmes Voraces

Peintre typique de l'époque Victorienne dans un style proche d'Alma-Tadema et de Leighton, John William Waterhouse est inspiré par les nombreux mythes de la femme fatale. Seule ou en groupe, elle n'est jamais dominée par l'homme mais ses désirs et sa curiosité peuvent être catastrophiques. Elle est Ophélie mourant d'amour. Attirée par la magie, elle ouvre la boîte de Pandore.

Le 12 juillet à Londres, Sotheby's vend The Siren, huile sur toile 81 x 53 cm peinte en 1901, lot 12 estimé £ 1M.

La belle enchanteuse est juchée sur son rocher. Entièrement nue, elle tient la lyre qui est le symbole de son charme. Elle se penche en avant pour observer un marin qui se noie devant elle et chante doucement. Elle ne conçoit pas qu'elle pourrait tendre la main pour sauver l'homme. Les deux jeunes gens se regardent, attirés l'un vers l'autre par des passions opposées, charme destructeur et impossible appel à l'aide.

Waterhouse ne confond pas Siren et Mermaid, bien que les jambes de sa Siren soient couvertes d'écailles qui viennent se confondre dans les embruns. Il peint la même année une jolie femme nue assise, encerclée dans sa queue de poisson. Il n'y a pas d'homme dans cette scène-là : peut-être a-t-il déjà été dévoré.

Une autre peinture de voracité similaire mettant en scène six nymphes nues attrapant un homme dans un étang a suscité un scandale en janvier 2018. Elle avait été décrochée d'une cimaise de la Manchester Art Gallery à la demande de féministes puritaines qui voulaient déclencher un débat sur l'exposition des corps des femmes.

Je vous invite à regarder la vidéo partagée par Sotheby's. L'image est partagée par Wikimedia.