25 juin 2018

La Trahison des Publicités

Les images et les mots nous trompent en permanence. Leurs associations nous mènent dans un univers factice. Leurs créateurs manipulent notre pensée dans un but qui peut être social, racial, commercial. Nous suivons comme un gigantesque troupeau de moutons.

Les images sont innombrables et galvaudées. Andy Warhol, Gerhard Richter et Richard Prince ont bâti leur univers sur de mauvaises images découpées dans des magazines.

Barbara Kruger travaillait comme graphiste dans un magazine de mode. Au début des années 1980 elle veut partager sa vision du mensonge illimité de la vie sociale post-moderne. Elle photographie ses collages constitués de mauvaises photos des magazines, souvent déchirées et recollées, sur lesquelles elle ajoute un slogan incisif.

Les premiers slogans sont hermétiques. L'utilisation généralisée du You, du We ou du I appliqué à des groupes non définis incite l'observateur à réfléchir sur les rapports de forces dans le monde moderne. Il attend un lien entre l'image et le slogan, et son absence renforce son malaise.

Les slogans deviennent vite plus compréhensibles, basés sur des locutions connues de tout le monde détournées contre la société de consommation : Your fact is stranger than fiction, I shop therefore I am. When I hear the word culture I take out my checkbook, 350 x 170 cm réalisé en 1985, a été vendu pour $ 900K incluant premium par Christie's le 8 novembre 2011 sur une estimation basse de $ 250K.

We have received order not to move est dès 1982 un cri contre l'oppression des femmes. 'We' apparaît comme l'identification des femmes par opposition au monde dont les règles ont été établies par et pour les hommes.

Le 27 juin à Londres, Sotheby's vend une photo 187 x 124 cm réalisée en 1984 incluant le slogan menaçant We are public enemy number one, lot 194 estimé £ 180K. Sur cette image la forme humaine n'est pas identifiable : personnage ou ombre, de face ou de dos, homme ou femme.