25 juin 2018

Les Lis des Jardins Royaux

Arrivé à Paris à l'âge de 23 ans en 1782, l'artiste Wallon Pierre-Joseph Redouté choisit comme spécialité l'illustration des fleurs. A cette époque les naturalistes se réunissent au Jardin du Roi qui sera plus tard le Jardin des Plantes. Redouté apprend l'aquarelle auprès de van Spaendonck.

Introduit à Versailles, Redouté entre au service de la reine Marie-Antoinette. Il sera sous l'Empire un artiste officiel de l'impératrice Joséphine et assurera la formation artistique de la princesse Adélaïde d'Orléans.

Redouté peint sur vélin plusieurs centaines d'aquarelles montrant les fleurs des jardins de Malmaison, Saint-Cloud, Versailles et Sèvres. Sa précision botanique est extrême, sans erreur de proportions et sans distorsions.

Redouté prépare les gravures associées à ses aquarelles. Pour obtenir la précision désirée des contrastes les plaques sont ré-encrées après chaque impression. Les images sont terminées à l'aquarelle guidée par de minuscules pointillés gravés dans la feuille.

Cet ensemble de 487 images 51 x 34 cm est imprimé en 280 exemplaires par Didot jeune et fourni en 80 livraisons entre 1802 et 1816. Le titre, Les Liliacées, est réducteur par rapport au contenu qui couvre l'ensemble des monocotylédones.

La jeune duchesse de Berry entrée par alliance dans la branche légitimiste des Bourbons deviendra à son tour une protectrice de Redouté. Avant la chute du régime elle possédait les aquarelles originales des Roses publiées par Redouté après l'achèvement des Liliacées.

Le 11 juillet à Londres, Christie's vend un exemplaire des Liliacées qui avait appartenu à la duchesse de Berry. Relié pour la duchesse en huit volumes, cet ensemble est estimé £ 350K, lot 281.

En 1985, les aquarelles originales des Liliacées reliées en 16 volumes ont été vendues en un seul lot par Sotheby's pour $ 5,5M incluant premium. Ce résultat remarquable était à l'époque le dixième plus haut prix enregistré pour une enchère d'art. Achetées par un libraire pour un consortium créé par lui pour cette opération, elles ont été réparties juste après la vente parmi ses porteurs d'actions, aboutissant pour son profit au démantèlement qui avait été prévu à l'origine par la maison de ventes.