31 juil. 2018

Triomphe pour la Mk II

En 1963 Ferrari est à vendre. Ford Motor Company est intéressé mais Enzo Ferrari lui-même fait échouer les négociations. Henry Ford II (HF2) est furieux. Il veut battre Ferrari sur son terrain de prédilection, au Mans.

Ford qui n'a pas d'expérience pour le développement d'une voiture de compétition trouve les alliances nécessaires, notamment avec Lola Cars, Shelby et Kar Kraft, et embauche comme chef de projet John Wyer qui avait assuré les succès d'Aston Martin. Le développement est confié à la nouvelle division Ford Advanced Vehicles créée en Angleterre pour ce projet identifié sous la référence GT40.

La première série, en 1964, est la Mk I avec un moteur V8 de 4,7 litres. L'aérodynamique est mal conçue et les résultats sont mauvais. Pendant ce temps l'archi-rival Ferrari gagne au Mans en 1965 pour la sixième année consécutive.

HF2 est têtu. En 1966 il faut gagner à n'importe quel prix. La série Mk II est équipée d'un moteur Ford V8 de 7 litres. Carroll Shelby a remplacé Wyer et transféré la maintenance aux Etats-Unis. Les problèmes techniques observés sur les premières Mk I ont été traités et les performances des Mk II à Daytona et Sebring sont prometteuses.

Le triomphe se produit aux 24 heures du Mans 1966 en présence du patron. Pas moins de huit Mk II et cinq Mk I confiées à plusieurs équipes privées sont qualifiées après les essais. Parmi ces voitures trois seulement terminent la course, toutes des Mk II, mais elles occupent brillamment les trois premières places. Pour la première fois une marque Américaine a gagné les 24 heures du Mans.

Il n'y a pas de raison de minimiser ce succès, et la GT40 gagnera à nouveau les trois éditions suivantes, en 1967 avec une Mk IV et avec un retour de la Mk I en 1968 et 1969 suite à un changement de règlement limitant la puissance. Il faut cependant noter le très mauvais résultat de Ferrari en 1966, la première voiture de cette marque étant devancée non seulement par les trois Ford mais aussi par quatre Porsche 906.

Le 24 août à Monterey, RM Sotheby's vend une des voitures du trio gagnant, la Mk II classée 3ème au Mans en 1966. Après cette course elle a été utilisée comme voiture promotionnelle puis comme voiture de développement pour la série Mk IIB. Chronométrée à 326 Km/h à Mulsanne en 1967, elle répond à l'objectif d'HF2 que ses GT40 dépassent 320 Km/h. Elle est estimée $ 9M, lot 124.



30 juil. 2018

Elégance d'une Packard

Les voitures routières de luxe sont la spécialité de Packard. Pendant la crise financière, la concurrence impliquant Duesenberg, Cadillac, Packard et Pierce-Arrow devient une question de vie ou de mort pour ces marques.

En 1932 Packard adapte un moteur V-12 de 7,3 litres sur le châssis DeLuxe Eight habituellement équipé d'un moteur 8 cylindres en ligne. Initialement nommé Twin Six, le nouveau modèle devient la Packard Twelve en 1933. C'est un grand succès malgré sa consommation d'essence supérieure à 25 litres aux 100 Km : 5 800 Packard Twelve sont produites de 1933 à 1939.

Quelques exemplaires de plus grand luxe sont carrossés par LeBaron ou Dietrich. Dietrich réalise des petites séries autour d'une dizaine d'unités dont la finition est terminée quand il reçoit la commande du client, permettant ainsi d'ajouter quelques ultimes variantes.

Le décapotable Victoria est offert par Dietrich de 1932 à 1934. Quatre exemples ont survécu sur le châssis Packard Eleventh Series Twelve de 1934. Les meilleurs sont des favoris des Concours d'Elegance. L'une de ces voitures est passée à RM Auctions le 10 mars 2012 après avoir été Best in Class winner au Concours d'Elegance of America 2011.

Une autre est dans un excellent état, ayant conservé son châssis, son moteur et la plus grande partie de sa carrosserie d'origine malgré une utilisation ancienne comme taxi à Puerto Rico. Minutieusement restaurée par RM Auto Restoration avec 14 000 heures de travail, elle a été couronnée en 2013 Best of Show du Pebble Beach Concours d'Elegance dans un nuage de confettis. Cette consécration suprême a été confirmée en 2016 par le Best of Show à St. John's et un Best in Class à Amelia Island.

Cette championne est estimée $ 4,5M à vendre par RM Sotheby's à Monterey le 24 août, lot 131.


Evolution du Spyder Porsche

La compétition coûte cher quand elle est une stratégie isolée. Porsche arrête la compétition juste après la victoire au Mans de la 911 GT1 en 1998. Le projet 9R3 démarré en 1998 n'aboutit à rien : l'unique prototype construit reste caché jusqu'en 2018.

L'American Le Mans Series (ALMS) est créée en 1999 pour gérer des courses d'endurance en prenant modèle sur Le Mans, en étroite collaboration avec l'ACO. Ingénieusement, les voitures autorisées pour l'ALMS sont éligibles pour les 24 heures du Mans.

Porsche fait son retour en 2005 dans la catégorie Le Mans Prototype LMP2 de l'ALMS, avec un tout nouveau RS Spyder sous la référence 9R6. Le manque d'intérêt de la marque pour la catégorie supérieure LMP1 surprend les observateurs. En fait les caractéristiques du LMP1 était trop favorables à la technologie diesel avec laquelle Porsche n'avait aucun projet.

De 2006 à 2008 la domination de Porsche dans la classe LMP2 est totale. Le sommet est atteint aux 12 heures de Sebring 2008 avec trois RS Spyder Evo dans les quatre premières places, la première LMP1 arrivant troisième.

Quinze RS Spyders sont construits de 2005 à 2008. Les solutions de son moteur V8 90° 4 litres serviront pour le développement du moteur V8 4,6 litres de l'hybride 918. Les règles changeront à nouveau et le succès du RS Spyder encourageront Porsche à créer un LMP1, la 919. Dans le rétroviseur le dédain de Porsche pour le diesel apparaît comme une bonne décision.

Le 24 août à Pebble Beach, Gooding vend au lot 44 une Porsche RS Spyder fabriquée en 2007. Elle faisait partie d'un groupe de deux acheté par une équipe privée pour s'engager dans les compétitions de l'ALMS. L'équipe a renoncé à ce projet et cette voiture a été très peu utilisée. Voici le lien vers le communiqué de presse. L'estimation n'est pas publiée en raison de l'extrême rareté de ce modèle sur le marché.


29 juil. 2018

Derniers Tours pour Aston Martin

Aston Martin a été brillant en compétition en 1959 et médiocre en 1960. Le propriétaire, David Brown, ne prend pas le risque de perdre de l'argent. Il met fin à son équipe de compétition tout en maintenant ses capacités de développement autour du team manager John Wyer, du chief engineer Ted Cutting et du motoriste Tadek Marek.

Les règles des compétitions changent fréquemment. L'édition 1962 des 24 heures du Mans est favorable aux prototypes. Aston Martin est intéressé. Le Design Project 212 est une évolution de la DB4 GT avec une voiture unique incorporant un moteur 4 litres 6 cylindres en ligne et une carrosserie allégée validée en soufflerie.

Pour 1963 Aston Martin prépare le DP214 pour la classe GT avec deux voitures. Ce projet proche du DP212 incorpore des modifications de carrosserie pour pallier au risque de soulèvement arrière.

John Wyer connait la motivation et la compétence de ses équipes. Sous la référence DP215, il demande une voiture supplémentaire pour la même compétition, avec des caractéristiques différentes pour la classe prototype. Les ingénieurs disposent de deux mois pour réaliser cette prouesse, avec un budget extrêmement limité.

DP215 utilise un moteur du même modèle que DP212 et la boîte à cinq vitesses de la DBR1. Le châssis est nouveau, pour pouvoir recevoir un éventuel moteur V8. La position du moteur est abaissée.

Aux essais du Mans, la DP215 conduite par Phil Hill et Lucien Bianchi est la première voiture chronométrée à plus de 300 Km/h à Mulsanne. Les deux DP214 ont réalisé des performances similaires. Aucune des trois voitures n'achève les 24 heures : au début de la troisième heure, la transmission de la DP215 est cassée.

Lors de sa deuxième sortie à Reims il devient évident que la boîte de vitesses est sous-dimensionnée pour la puissance du moteur. Après un tour de démonstration la même année à Brands Hatch, DP215 abandonne la compétition. En novembre 1963 l'Aston Martin Racing Department est dissout. John Wyer a quitté la société.

Son propriétaire actuel a fait refaire une boîte de vitesse copiant celle de la DP212 et a récupéré son moteur d'origine qui était installé dans l'unique DP214 survivante. La DP215 a été ainsi remise en fonctionnement dans une configuration proche de l'origine incluant la carrosserie de rechange construite par Aston Martin. Elle est estimée $ 18M à vendre par RM Sotheby's à Monterey le 24 août, lot 141.

Je vous invite à regarder la vidéo préparée par la maison de ventes. L'image est partagée par Wikimedia avec attribution By Redsimon [CC BY 3.0  (https://creativecommons.org/licenses/by/3.0)], from Wikimedia Commons


Aston Martin DP215 frontt

28 juil. 2018

Petite Monnaie à San Francisco

Le San Francisco Mint ouvre en avril 1854. L'enjeu politique est important : le gouvernement a besoin de reprendre l'initiative face aux ateliers privés qui profitent plus ou moins honnêtement de la ruée vers l'or. Les 18 et 19 avril la première production est réalisée dans les quatre plus grosses dénominations d'or : 178 double eagles, 260 eagles, 268 half eagles et 246 quarter eagles.

Les locaux sont exigus et les machines fonctionnent mal. Les difficultés de mise au point s'accumulent, aggravées par le naufrage du bateau qui apportait l'acide nitrique nécessaire au dosage de l'or. La suite de la production se limite au double eagle, à l'eagle et au dollar, plus attendus par les clients que les dénominations fractionnaires. Il n'y aura pas d'autre half et quarter 1854-S.

Environ dix quarters ont survécu. Cette proportion semble normale. A cette époque les numismates ne s'intéressaient pas aux spécificités des branches. Les autres exemplaires ont été utilisés, usés, fondus.

Le half est beaucoup plus rare. Sa population a été portée de 3 à 4 unités en avril 2018. Cette rareté n'a pas d'explication démontrée. Il est possible que la quasi totalité de la production ait été fournie à un seul client qui les a fondues. De plus l'une des trois premières pièces n'a pas réapparu après un vol à main armée en 1967.

L'apparition soudaine d'une telle rareté est un évènement. N'ayant pas réussi à convaincre les marchands, son propriétaire a fait une meilleure démarche : demander l'analyse par un des organismes reconnus pour l'authentification, le Numismatic Guaranty Corporation. La comparaison avec des photos de haute définition des exemplaires subsistants est flagrante : le nouveau specimen est authentique.

Ce half eagle 1854-S a été gradé XF-45 par NGC qui a également vérifié qu'il ne s'agit pas de la pièce volée. Cette pièce sera vendue au lot 5248 par Heritage à Philadelphie le 16 août. Je vous invite à regarder la video partagée en avril dernier par NGC pour confirmer cette découverte sensationnelle.



Sur les Routes d'Italie

Après la guerre, les Italiens retrouvent leur passion pour la compétition automobile. Les Mille Miglia redémarrent dès 1947, suivis en 1948 par la Targa Florio qui prend la forme d'un tour de Sicile. Plusieurs compétitions de ville à ville sont également organisées.

Alfa Romeo est concurrencé par deux nouvelles marques Italiennes, Cisitalia et Ferrari. Les perfectionnements aérodynamiques ravivent la popularité des coupés. En parallèle de nouveaux développements de monoplaces anticipent la Formule 1 qui sera créée en 1950.

La production d'Alfa Romeo avait été interrompue par les bombardements de l'usine en 1944. L'évolution de la traditionnelle 6C équipée d'un moteur à 6 cylindres en ligne n'est cependant pas oubliée. Alfa Romeo construit en 1948 pour la compétition une petite série de trois coupés 6C 2500 avec un moteur de 2,5 litres assemblé sur des châssis 8C 2900 raccourcis et allégés. La carrosserie n'est pas sous-traitée.

Une seule de ces trois voitures a survécu. Elle a un très copieux historique de compétition incluant quatre participations successives aux Mille Miglia. Elle fut ensuite une des Sleeping Beauties de la collection Dovaz où elle attendit pendant quatre décennies sous la poussière un regain d'intérêt pour les véhicules classiques.

Un collectionneur ultérieur a retrouvé, restauré et réinstallé son moteur d'origine, et remis cette voiture proche de sa configuration d'origine. Elle a été vendue pour $ 4,84M incluant premium par Gooding en août 2013 sur une estimation basse de $ 2,8M. Elle est estimée $ 3M à vendre par Bonhams à Quail Lodge (Carmel) le 24 août, lot 99.

Je vous invite à regarder la video préparée par la maison de ventes. L'image à Retromobile est partagée par Wikimedia avec attribution By Thesupermat [CC BY-SA 4.0  (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0)], from Wikimedia Commons


Rétromobile 2016 - Alfa Romeo 6C 2500 Competizione Coupé - 1948 - 004

Sole survivor. The legendary, historic and incredibly rare 1948 Alfa Romeo 6C 2500 Competizione Berlinetta. Coming to Quail Lodge on August 24. . Raced and placed in the Targa Florio, Mille Miglia and Coppa d'Oro Dolomiti (among others), the original owner also loaned it to his pals to race in the Vittorio Veneto-Cansiglio, Treponti-Castelnuovo and Trieste-Opincia races. Who couldn’t use a friend like that! . This unparalleled road warrior – one of three built and the sole surviving example – will be one of the stars in Carmel, Calif. Click link in bio for VIDEO. . . . . #alfa #targaflorio #alfaromeo #alfa6c #6c2500 #alfaromeocompetizione #vintagealfa #alfa6c2500 #alfisti #alfagram #alfaromeoclassiche #instaalfa #pebblebeach2018 #thequail2018 #quaillodge2018 #racevintage #millemiglia #drivevintage #alfaholics #vintageracecar #bonhamsmotoring
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27 juil. 2018

Les Deux Séries de 250 GTO

Il ne suffit pas d'être la plus jolie berlinette de son temps pour gagner les compétitions en Grand Tourisme, surtout quand Jaguar, Aston Martin et Shelby appliquent d'ambitieux programmes de développement. La Ferrari 250 GT SWB n'est plus compétitive avec son avant trop oblique qui se soulève à 250 Km/h.

Une équipe autour de Giotto Bizzarrini conçoit une carrosserie basse avec un capot avant très allongé. Pour faciliter l'homologation, le nouveau châssis a les mêmes dimensions que la SWB. Les études sont validées en soufflerie. Le moteur abaissé vers le sol reste un V12 Colombo 3 litres tout en incorporant plusieurs améliorations de la 250 TR.

Ainsi naquit la 250 GTO au début de 1962. 33 voitures sont construites selon ce modèle. Elles dominent aussitôt toutes les compétitions d'endurance et de côte. Cependant Bizzarrini a quitté la société après un désaccord avec Enzo Ferrari.

La fuite en avant technologique continue. L'homologation de la 250 LM risque d'être refusée. En attendant des jours meilleurs, Ferrari demande à Mauro Forghieri et son équipe de modifier la 250 GTO selon les conceptions aérodynamiques de la LM. Trois 250 GTO Series II sont construites en 1964.

Quatre voitures de la Series I ont été up-gradées en 1964 selon les spécifications de la Series II. L'une d'elles est estimée $ 45M à vendre par RM Sotheby's à Monterey le 25 août, lot 247. Je vous invite à regarder la video partagée par la maison de ventes.

Cette voiture était en 1962 la troisième GTO produite. Testée en mai par Phil Hill à la Targa Florio, elle est vendue par Ferrari quelques jours plus tard à un ami d'Enzo Ferrari, Edoardo Lualdi-Gabardi, qui obtient avec elle d'excellents résultats en courses de côte. En avril 1964 Corrado Ferlaino la mène First In Class à la Targa Florio, validant ainsi brillamment le concept transitoire de la Series II.

Le prix d'une Ferrari 250 GTO dépend de ses résultats dans les compétitions d'époque et de son historique d'accidents. La voiture à vendre n'a pas été endommagée. Pour des raisons de préservation le moteur d'origine a été enlevé il y a quelques années. Il est vendu avec la voiture.

En mai 2018 un prix de $ 70M en transaction privée a été annoncé pour une 250 GTO avec un meilleur historique de course incluant la victoire au Tour de France en 1964.

26 juil. 2018

Duesenberg chez les Stars

En mai 1935 le management de la marque Duesenberg reconnaît l'échec commercial du châssis haut de gamme, le Model J lancé en 1928. E.L. Cord, patron du groupe qui possède Duesenberg, lance un projet qui pourrait sauver la marque : créer la meilleure voiture de luxe en deux exemplaires qui seront attribués respectivement à Gary Cooper et Clark Gable. Cette Duesenberg Special Speedster sera identifiée en 1951 sous la référence SSJ.

Le chef concepteur de la marque, J. Herbert Newport, prévoit d'utiliser sur un châssis court le moteur surpuissant Duesenberg Special 400 hp à huit cylindres en ligne en cours de développement. Les stars donnent leur avis. Amateur passionné de voitures de luxe, Gary Cooper est alléché par les performances du futur modèle mais préfère que ce roadster ressemble à une Duesenberg classique. Newport renonce à l'idée d'une carrosserie moderniste.

Les deux voitures sont fournies aux acteurs en décembre 1935 pour un prêt de longue durée. La femme de Cooper, Sandra Shaw, fait aussitôt renvoyer leur voiture à l'usine pour changer la couleur.

Six mois plus tard les deux vedettes reçoivent une proposition d'achat au tiers du prix d'un Model J ordinaire. Cooper accepte. Gable n'est pas intéressé : il possède déjà un des dix exemplaires de la Duesenberg JN également produite en 1935.

Cooper et Gable n'ont pas fait l'utilisation spectaculaire qu'attendait Cord. On ne sait pas quand Cooper a vendu sa voiture. Cord aurait pu se douter qu'il n'est pas évident d'utiliser les capricieuses célébrités de Hollywood comme agents publicitaires pour des voitures de luxe. Déjà en 1934 Mae West avait refusé le projet d'une SJ Town Car conçue spécialement pour elle par Duesenberg.

Il n'y aura pas d'autre SSJ. Son moteur surcompressé n'a été utilisé que sur ces deux voitures et de façon temporaire sur l'unique Special commandée par Ab Jenkins pour battre le record de vitesse sur terre à Bonneville.

Peu utilisée, la SSJ de Gary Cooper n'a que 20 000 miles au compteur. Elle n'a eu que deux propriétaires depuis 1949, Briggs Cunningham et Miles Collier. Historien des technologies de l'automobile et des grands voiliers, Collier préfère judicieusement préserver les voitures anciennes plutôt que de les restaurer. Cette SSJ a conservé intacts son châssis, son moteur et sa carrosserie d'origine et a même encore la toile de son toit pliant. Elle est estimée $ 10M à vendre par Gooding à Pebble Beach le 24 août, lot 35. Voici le lien vers le communiqué de presse.

25 juil. 2018

George Washington avant le Coin Act

Le 30 avril 1789 a lieu l'inauguration de George Washington comme premier président des Etats-Unis. La création d'un système monétaire devient de plus en plus urgente. Tout au long de 1791 les débats sont intenses entre la création d'une usine fédérale sous étroit contrôle gouvernemental et la sous-traitance à des ateliers privés.

Plusieurs artisans proposent leur savoir-faire en produisant des pièces d'essai en cuivre pour le 1 cent. La similitude de pièces d'origines variées avec l'effigie du Président laisse supposer qu'un guide leur était fourni. Le plus actif n'est pas américain mais anglais : l'atelier Westwood à Birmingham, pour lequel Hancock est le graveur.

Les essais à dénominations multiples semblent être une pratique courante. Des pièces sont fabriquées avec la même matrice avec des métaux différents sans se préoccuper de la valeur de circulation. Cette observation rend incompréhensible l'usage attendu du Continental Dollar de 1776.

Le 12 janvier 1792 le Sénat approuve des exigences plus détaillées concernant le dessin, suscitant un nouveau débat sur une possible interprétation monarchique du portrait du président. La position de Washington sur ce point est controversée mais il ne semble pas contrarié quand le Mint Act du 2 avril 1792 supprime son effigie et la remplace par la Liberté.

Une seule pièce d'or datée 1792 à l'effigie de Washington est connue. Elle a été frappée avec des matrices également utilisées avec l'argent et le cuivre. Décrite pour la première fois en 1855, cette pièce a longtemps été attribuée à Hancock. Elle est maintenant ré-attribuée à l'inventeur Américain Jacob Perkins travaillant à Newburyport MA, auteur d'une médaille où le dessin du portrait est incontestablement identique.

Cette pièce d'or est proche de l'aigle tel que défini dans le Coin Act. Elle ne respecte pas toutes les prescriptions de janvier 1792 et a peut-être été gravée auparavant et post-datée. Elle est gradée XF-45 par NGC. Ses traces d'usure sont typiques d'un transport dans une poche que l'imagination des numismates identifie comme la poche du Président.

Elle fut pendant 75 ans la pièce préférée de la collection d'Eric P. Newman pour son lien avec le premier Président dans le métal le plus précieux pendant la phase de préparation du Coin Act. Elle sera vendue sans prix de réserve au lot 5010 par Heritage à Philadelphie le 16 août au bénéfice d'institutions désignées par l'Eric P. Newman Numismatic Education Society. Je vous invite à regarder la video partagée par la maison de ventes.

24 juil. 2018

Bisons et Indiens

Le 8 septembre à Rock Island, RIA vend une paire de revolvers Colt modèle 1861 Navy dans sa cassette, lot 1257 estimé $ 300K. Ce lot sort de l'oubli un très efficace trader du Kansas surnommé Buffalo Bill qui n'aimait pas raconter sa vie. Ces pièces ont conservé respectivement à 90 % et 80 % leur placage d'argent d'origine par Tiffany Co.

Il y avait la place pour plusieurs Buffalo Bill dans le Wild West. William Mathewson reçoit ce surnom pendant l'hiver 1860-1861 quand il décime des troupeaux de bisons pour éviter une disette après une sécheresse catastrophique.

En 1864 les Indiens Kiowa reprennent le sentier de la guerre. Le chef prévient Mathewson à l'avance pour l'intimider. Le poste de Mathewson occupe une position stratégique sur le Santa Fe Trail. Il informe les compagnies mais c'est trop tard pour l'Overland Transportation qui vient de faire partir du Nouveau Mexique un convoi de 147 wagons chargés de fusils et de munitions, accompagnés par 155 hommes.

Après quatre jours de combat, Mathewson voit que les Indiens sont partis. Il comprend qu'une meilleure cible est à proximité. Effectivement à quelques kilomètres de son poste les Indiens encerclent le convoi de l'Overland. Mathewson arrive par surprise et commence à décharger un wagon pour armer les hommes du convoi. Les Indiens renoncent. Buffalo Bill a sauvé la marchandise et les hommes.

La paire de revolvers lui est offerte en mai 1866 par un de ses clients avec une petite cérémonie de remerciements pour commémorer l'exploit de l'Overland. La plaque identifiant le donateur et le bénéficiaire sur la cassette est datée de l'année suivante.

Dans la nomenclature Colt, Army ou Navy n'est pas une référence au gouvernement mais au calibre,  .36 pour le Navy. Une paire Navy similaire offerte en 1863 par une société de commerce du coton au Major General McPherson a été vendue pour $ 425K incluant premium par Bonhams le 10 novembre 2014.

22 juil. 2018

Ruth par Goudey

Insérée dans les paquets de cigarettes ou de tabac, la carte de baseball tombe en désuétude pendant la Première Guerre Mondiale. Quelques fabricants de bonbons au caramel ou au chocolat maintiennent à peine cette tradition. Les amateurs d'images préfèrent les cartes postales.

Goudey Gum Company est un leader sur le marché du chewing gum. Le fondateur de la société prend sa retraite en 1932. En 1933 le nouveau management insère dans les paquets de la marque des images imprimées en sérigraphie. Le dessin d'après photographie est simple et les couleurs sont vives. Le dos inclut en plein format un court texte au côté de l'identification de l'éditeur, ce qui était bien plus attractif que sur une carte postale.

La série la plus importante est consacrée entièrement aux joueurs de baseball sous le titre de Big League Chewing Gum. Ses 240 images sont éditées par Goudey à Boston. 94 d'entre elles sont renumérotées et publiées à Montreal par World Wide Gum Company qui était la succursale de Goudey au Canada.

Les éditions de la même année incluent une série multisports de 48 cartes pour le Sport Kings chewing gum, 216 vues d'Indiens pour l'Indian chewing gum et deux autres séries de 48 cartes : Boy Scouts et Sea Raiders.

Babe Ruth, la plus grande vedette du baseball, est représenté par 4 numéros dans la série Big League. Le numéro 181 est un portrait rapproché sur lequel le champion accoudé observe avec attention une action en cours hors champ. Cette image ne figure pas dans les autres séries.

Dans sa prochaine vente, Goldin vend au lot 21 un exemplaire de la Goudey 1933-181 gradé Mint 9 par PSA, très rare dans cet état avec un centrage parfait, des couleurs très fraiches, des bords très propres et les quatre coins intacts. La vente en ligne en cours depuis le New Jersey sera close par une session live le 2 août.

Pour que les jeunes collectionneurs continuent à acheter la gomme, le numéro 106 de la série 1933 n'avait pas été attribué. La supercherie a été découverte. L'année suivante Goudey a créé une 1933-106 pour la fournir aux amateurs irrités. Cette carte à l'effigie du champion Napoleon Lajoie en retraite depuis quinze ans est la plus rare de la série et aucun exemplaire n'a été maculé par la gomme. Une 1933-106 gradée Mint 9 par PSA a été vendue pour $ 230K incluant premium par Goldin le 1er octobre 2016.

Whisky Japonais

Le prix aux enchères des meilleurs whiskys monte considérablement. Leur mise en bouteille en édition limitée fait suite à une maturation de plusieurs décennies pendant laquelle l'évolution est surveillée par les meilleurs goûteurs.

Deux exemplaires d'un Macallan 60 ans 42,8 % d'une édition de 40 bouteilles 75 cl ont été vendues par Bonhams la 18 mai 2018 pour respectivement HK$ 8,6M et 8M incluant premium sur une estimation de HK$ 3,6M chacune.

Le whisky Japonais suit une évolution similaire.

L'ère Meiji avait ouvert le Japon au monde. Shinjiro Torii commence sa carrière comme apprenti chez un pharmacien d'Osaka qui importe les liqueurs Occidentales. Il décide d'adapter le whisky au goût Japonais. La qualité de l'eau est la clé de la perfection. Il installe en 1923 sa chaîne de production à Yamazaki, un confluent de trois rivières entre Osaka et Kyoto où l'eau de source a la réputation d'une pureté exceptionnelle.

Le choix de Torii était excellent. Le single malt whisky produit par cette usine appartenant au groupe Suntory est devenu un des meilleurs du monde, mêlant un goût subtil à un fort taux d'alcool.

Suntory-Yamazaki a produit trois éditions de whiskys mis en bouteilles de 70 cl après 50 ans de maturation dans des fûts du chêne mizunara : 50 bouteilles en 2005, 50 en 2007 et 150 en 2011.

Un exemplaire de la première édition devient le 2 octobre 2016 chez Poly Auctions la toute première bouteille de whisky, toutes origines confondues, à franchir aux enchères le seuil du million de HK$. Le 27 janvier 2018 une bouteille de la troisième édition titrant 57 % a été vendue pour HK$ 2,34M incluant premium par Sotheby's sur une estimation basse de HK$ 700K.

Le 17 août à Hong Kong, Bonhams vend une bouteille Suntory-Yamazaki 50 ans de l'édition de 2005, titrant 54 %. Elle est estimée HK$ 1,8M, lot 203.

21 juil. 2018

Au-delà des Colonnes d'Hercule

Hernan Cortes est tout puissant à Mexico City tout en affirmant sa loyauté au roi d'Espagne Charles I, qui est aussi l'empereur Charles V. L'empereur désire conserver le contrôle de ses nouveaux territoires. Nommé en 1535 comme le premier vice-roi de la Nouvelle-Espagne, Antonio de Mendoza a la mission sensible d'organiser la colonie sans déplaire à Cortes.

Mendoza réussit cette tâche à merveille. La première chaîne de production de monnaies Mexicaines est installée dans la résidence privée de Cortes en 1536. La première dénomination est 3 reales. L'année suivante un décret impérial remplace cette première monnaie par deux dénominations, 8 reales et 4 reales. 8 reales est le standard de la grande pièce d'argent Espagnole créée en 1497, qui deviendra le modèle du dollar US.

En raison d'une suspicion de fraude, l'administration impériale audite la monnaie Mexicaine en 1545. En 1947 un érudit étudie les interrogatoires de cette investigation. Conformément au décret, un essai de production de la pièce de 8 reales a bien été tenté. Elle a été très vite abandonnée parce qu'elle était trop difficile à réaliser avec l'équipement rudimentaire installé à Mexico.

Les historiens sont ravis mais les numismates sont frustrés : en 1947, ils n'ont jamais vu cette pièce de 8 reales. Au début des années 1990, la fouille d'un naufrage remonte un coffre contenant 2000 pièces d'argent dont trois pièces de huit reales.

Le dessin de cette pièce montre les colonnes d'Hercule liées par une bannière avec le mot PLUS, résumé de la devise de Charles V indiquant que le détroit de Gibraltar n'est plus une limite pour les ambitions impériales. Cette figure est à l'origine du signe moderne du dollar ($) selon l'hypothèse la plus probable. L'inscription Hispanie et Indiarum Re qualifiant Charles et sa mère Joanna ne laisse aucun doute sur cette interprétation.

Les pièces ont un contour irrégulier et un double martèlement, confirmant la difficulté de fabrication. Elles ont la marque de l'essayeur R (Rincon), actif de 1536 à 1538, remplacé l'année suivante par l'essayeur P.

Les trois pièces Mexicaines sorties du naufrage deviennent par ce fait les plus anciens précurseurs Américains du dollar US. Elles sont séparées. Les premières enchères sont organisées trop tôt, sans que les collectionneurs soient avertis du progrès de l'inventaire du naufrage. En fait aucune autre pièce de 8 reales n'est apparue.

Les trois pièces ont été gradées par NGC. La meilleure, AU-50, a été vendue pour $ 374K incluant premium par Heritage le 9 janvier 2006. Elle est estimée $ 500K à vendre par Heritage à Philadelphie le 17 août, lot 30386. La pièce gradée EF-40 a été vendue pour $ 310K incluant premium par Goldberg le 26 mai 2008. La pièce gradée XF-45 a été vendue pour $ 590K incluant premium par Sedwick le 6 novembre 2014.

20 juil. 2018

Le Nickel d'Eliasberg

Louis E. Eliasberg Sr avait assemblé une collection complète des monnaies régulières Américaines tout en recherchant le meilleur exemplaire de chaque variété. En 1952 il restitue sans compensation au gouvernement son double aigle de 1933 provenant d'une émission interdite. Le Liberty Head Nickel de 1913, acquis par lui en 1949, devient la plus prestigieuse pièce de sa collection.

Cette variante non documentée par l'usine est la conséquence de l'introduction pour le millésime 1913 du motif Buffalo Head remplaçant le Liberty Head pour la pièce de 5 cents. Il apparaît que lorsque cette décision a été prise en février 1913, une matrice 1913 Liberty Head était déjà disponible pour la chaîne de production.

La population du 1913 Liberty nickel est limitée à un seul groupe de cinq pièces exposées ensemble en 1920 par un ancien employé de l'usine qui en avait connaissance et avait réussi à les avoir en mains. Les cinq pièces avaient été frappées avec un outillage neuf, peut-être simplement pour un premier essai qui deviendra périmé avec le changement de figure.

Eliasberg considérait que ce groupe constituait la population totale. Effectivement aucun autre exemple n'est jamais apparu. Son exemplaire est le meilleur, gradé PR66 par PCGS, et le seul des cinq dont la surface est réfléchissante.

Quand Eliasberg meurt en 1976, sa collection est partagée entre ses deux enfants. Elle fait l'objet de plusieurs ventes aux enchères. Le 1913 Liberty nickel d'Eliasberg devient la première pièce de monnaie à franchir le seuil du million de dollars aux enchères, le 21 mai 1996 par Bowers and Merena. Le marteau de Q. David Bowers tombe à $ 1,35M, $ 1,485M incluant premium.

Son prix a considérablement monté dans les années suivantes. Elle est vendue pour $ 1,84M incluant premium par Superior Galleries en mars 2001. Deux transactions privées ont été révélées, à $ 4,15M en mai 2005 et $ 5M en avril 2007. Elle était restée invendue aux enchères par Stack's en janvier 2007.

L'exemplaire Eliasberg du 1913 Liberty nickel sera vendu par Stack's Bowers à Philadelphie le 15 août, lot 1096. L'image partagée par Wikimedia provient de la vente aux enchères de 2001.

1913 Eliasberg Liberty Head Nickel

15 juil. 2018

Entre Louisiane et Nova Scotia

La Guerre de Succession d'Autriche, terminée en 1748, remet face à face les Britanniques et les Français, chacun avec ses alliés. Un nouveau conflit sera inévitable.

L'Amérique du Nord est partagée entre trois puissances coloniales, l'Angleterre, la France et l'Espagne. Le centre du pays, entre les Grands Lacs au Nord et les Carolines au Sud, entre l'Acadie à l'Est et le territoire des Sioux à l'Ouest, est faiblement peuplé et les frontières ne sont pas réellement définies.

Depuis 1682 les Français contrôlent sous le nom de Louisiane une bande continue qui s'étend de Québec jusqu'à l'embouchure du Mississippi. Depuis 1718 la référence est la carte de Delisle, très précise géographiquement mais anticipant politiquement une extension française. Cette situation ne peut pas convenir à Lord Halifax, en charge des affaires coloniales depuis 1748 avec le titre de President of the Board of Trade.

John Mitchell est un botaniste et médecin colonial, revenu de Virginie à Londres en 1746 pour raisons de santé. Il partage les opinions de Halifax sur la menace française en Amérique du Nord. Halifax lui demande de créer une carte détaillée pour laquelle il lui ouvre toutes les archives disponibles à Londres.

En 1754 la seconde carte manuscrite réalisée par Mitchell répond à la précision demandée par le gouvernement. La guerre avec les français est déjà plus facile que prévu. Halifax ne demande pas un usage exclusivement militaire et un copyright est accordé en 1755. Cette grande carte à usage mural 136 x 195 cm est un encouragement au patriotisme. Des erreurs dans la Nova Scotia, région stratégique spécialement importante pour Lord Halifax, sont rectifiées par Mitchell deux ans plus tard.

La carte de Mitchell peut être aquarellée à la main pour identifier les zones d'influence, objectivement ou pas. Elle servira de référence géographique en 1783 lors des accords de Paris pour établir la frontière entre l'Empire Britannique et les Etats-Unis d'Amérique.

Le 28 juillet à New York, Arader Galleries vend un exemplaire entièrement coloré de la troisième édition, imprimée à Londres vers 1774. L'état est annoncé comme excellent, signifiant que cet exemplaire n'a pas eu d'accrochage mural de longue durée. Cette carte est estimée $ 180K, lot 59 ici lié sur les plates-formes d'enchères LiveAuctioneers et Invaluable.

You are looking at one of the most important maps in American history. 🇺🇸 Lot 59: MITCHELL, John (1711-1768). A Map of the British and French Dominions in North America. LINK IN BIO. • Considered by many to be the most important map in American history, Mitchell’s map was the one upon which the boundaries of the new United States first appeared. The treaty of 1783 was based on Mitchell’s map, as was the border between the United States and Canada🇨🇦 . . . #cartography #cartographic #mitchellmap #mitchellmaps #historicalmaps #history #oldmaps #oldmap #johnmitchell #usa #unitedstates #canada #rare #rareart #art #auction #artgallery #gallery #mitchellmaps #raremap #raremaps #map #maps #mapcollector #mapcollection #worldmaps #artgalleryny #mitchellmap #artcollector #artcollection #artgallerynyc #artauction
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La Revanche de l'Argent

L'Acte du Congrès de 1873 met fin au dollar d'argent et rend périmé le bimétallisme. Auparavant le taux de change entre l'or et l'argent était fixé immuablement par la loi. L'abondance et la popularité de l'or après le Rush de Californie rendait cet équilibre impossible à gérer.

Pour répondre à l'inquiétude et à la réprobation des producteurs et spéculateurs d'argent, un nouvel Acte exige en 1878 que le Trésor achète entre $ 2 millions et 4 millions de bouillon d'argent par mois. Ces achats sont payés par une nouvelle monnaie de papier, le Silver Certificate of Deposit, aussitôt émis en six dénominations de $ 10 à $ 1000 et connu sous le sobriquet descriptif de Black back.

Une nouvelle série est émise en 1880 avec des modifications mineures incluant la couleur du sceau. Au début de la même année la contre-signature par le receveur du dépôt est abandonnée.

Les exemplaires survivants des plus hautes dénominations sont de très grande rareté. Joel R. Anderson a réussi l'exploit de réunir une collection complète des six dénominations de la série de 1880. Ces certificats seront vendus en lots séparés par Stack's Bowers à Philadelphie le 16 août.

La nomenclature Friedberg tient compte des combinaisons des signatures imprimées du Register of the Treasury et du Treasurer of the United States. Le recensement de Friedberg indique pour le certificat $ 500 un contresigné de 1878 et sept de la série 1880 répartis entre les signatures Bruce-Gilfilan en vigueur de 1881 à 1883 et Bruce-Wyman de 1883 à 1885.

Le certificat de $ 500 de la prochaine vente est estimé $ 700K, lot 2039. Ce Bruce-Gilfilan (Friedberg 345c) est gradé Very Fine 20 par PCGS. Il avait été vendu pour $ 480K incluant premium par Lyn Knight en octobre 2005. Il est un des trois restant en mains privées : deux 345c et un 345d Bruce-Wyman.

Friedberg indique pour le certificat $ 1000 cinq exemplaires de la série 1880, tous dans la configuration Bruce-Wyman. Le certificat de $ 1000 de la prochaine vente est estimé $ 800K, lot 2041. Ce Bruce-Wyman (Friedberg 346d) est gradé Very Fine 25 par PCGS. Il avait été vendu pour $ 670K incluant premium par Lyn Knight en octobre 2005. Il est un des deux restant en mains privées. Aucun $ 1000 de la série 1878 n'a survécu.

8 juil. 2018

Numéro 99

Agé de 16 ans en 1977, Wayne Gretzky joue avec les Sault Ste. Marie Greyhounds de l'Ontario Hockey League. Il admire Gordie Howe et veut porter comme lui le numéro 9. Ce n'est pas possible : le 9 est déjà attribué à un autre joueur. Gretzky choisit le 99.

Gretzky porte le 99 pendant toute sa fabuleuse carrière. Le chiffre devient le symbole de sa réussite. Quand il prend sa retraite de joueur en 1999, le 99 est retiré dans tous les clubs de la National Hockey League. Son admission la même année dans le Hockey Hall of Fame est un autre honneur sans précédent. Il détenait à cette date 61 records de la NHL. Aucun n'a été dépassé depuis.

En janvier 1979 Gretzky atteint ses 18 ans. Il signe un contrat pour 10 ans avec les Edmonton Oilers de la World Hockey Association. Quelques mois plus tard la WHA est dissoute et les Oilers sont intégrés dans la NHL. La saison 1979-1980 est ainsi le rookie year de Gretzky en NHL. Une trading card éditée au Canada a été vendue pour $ 465K incluant premium par Goldin le 4 août 2016.

Un maillot des Oilers signé avec un marqueur noir par Gretzky dans le numéro 99 est listé au lot 58 dans la prochaine vente de Goldin Auctions. Les enchères ouvertes en ligne le 9 juillet s'achèvent en vente live dans le New Jersey le 2 août.

Ce maillot est orné aux épaules avec le logo Edmonton 1904-1979 mémorisant le 75ème anniversaire de la City d'Edmonton, qui n'a été utilisé que cette année-là. Le maillot a été comparé avec un autre exemplaire exposé au Gretzky's Restaurant à Toronto. Les caractéristiques sont similaires à l'exception de la plaque de nom qui est ultérieure sur le maillot qui vient en vente.

Le photo-matching des maillots de hockey n'est pas une tâche facile. Les maillots ne peuvent souvent être distingués les uns des autres que par d'infimes traces d'usure. Une photo publiée en décembre 1980 est considérée comme probante par le groupe d'experts MeiGray. Le maillot n'avait pas l'identification du joueur, indiquant que la photo a été prise en 1979 pendant la préparation de la saison.

7 juil. 2018

La Batte Striée de Cap Anson

Cap Anson commence sa carrière à l'âge de 19 ans en 1871, l'année de la création de la toute première ligue professionnelle de base ball (baseball). A cette époque les règles du jeu sont parfaitement définies mais la façon de les appliquer l'est beaucoup moins. Dans la décennie suivante le super champion King Kelly est aussi un comédien qui sait détourner au bon moment l'attention de ses adversaires. Cap Anson augmente ses revenus en pariant sur sa propre équipe et en jouant du vaudeville.

Cap Anson joue son dernier match en 1897. Il donne en souvenir à une de ses filles sa dernière batte et son uniforme.

L'uniforme a été très endommagé et a disparu. La batte est restée dans sa descendance jusqu'en 2005. Elle a été vendue pour $ 287K incluant premium par Heritage le 5 août 2010 et pour $ 430K incluant premium par Christie's le 19 octobre 2016. Elle est maintenant listée au lot 3 par Goldin Auctions. Les enchères ouvrent le 9 juillet et seront closes par une vente live dans le New Jersey le 2 août.

Cette batte est d'une extrême rareté par sa corrélation avec un des meilleurs joueurs du XIXème siècle, son état d'usage évident et son exceptionnelle provenance familiale. Elle a été gradée GU 10 par PSA/DNA.

Elle est aussi un très ancien exemple de Louisville Slugger par J.F. Hillerich and Son. Le nom avait été déposé seulement trois ans auparavant, après quelques années d'expérience de Hillerich fils dans cette nouvelle spécialité. Avant cette initiative industrielle qui allait considérablement faciliter la normalisation, la fabrication des battes était laissée à l'initiative des joueurs.

La marque inscrite dans le bois et sa position sont spécifiques de l'année 1897, corrélant parfaitement la tradition familiale selon laquelle elle était la dernière batte professionnelle du champion.

Cette batte longue de 36 inches a été incisée par Anson sur une longueur de 13,5 inches avec environ 145 entailles parallèles destinées à améliorer la prise en mains. Ce raffinement n'a cependant pas sauvé la fin de carrière d'Anson, chassé de sa propre équipe pour son incompétence après une trop longue carrière.