19 août 2018

Est et Ouest avec Carlin

A la fin du règne de Louis XV, les bronzes ne suffisent plus à l'ornement des meubles de plus grand luxe.

Fait par Joseph en 1763, un bureau plat décoré de plaques en porcelaine de Sèvres a été vendu pour € 6,9M incluant premium par Artcurial le 13 décembre 2005. Les laques du Japon apportent les charmes de l'Orient : une commode faite par BVRB vers 1750 a été vendue pour $ 3,45M incluant premium par Sotheby's en octobre 2011.

Les marchands-merciers sont très actifs au début du règne de Louis XVI. Ils servent d'intermédiaires entre la famille royale et les ébénistes. Profitant de l'intense curiosité pour l'exotisme à cette époque, ils importent d'Asie les coffres et les paravents dont ils démantèlent les panneaux laqués. Ils réutilisent aussi les panneaux Italiens en pietra-dura. Dans les deux cas la rareté des panneaux excite la convoitise des plus riches clients.

Les meilleurs ébénistes Parisiens sont d'origine Allemande. Martin Carlin est le beau-frère de Jean-François Oeben. Il collabore souvent avec Adam Weisweiler. Autour de 1780 Carlin délaisse la porcelaine pour se spécialiser dans la laque, une technique beaucoup plus difficile parce qu'une fente ou un éclat est irréparable.

Carlin utilise aussi la pietra-dura. Il meurt en 1785. Une commode posthume co-signée par lui avec Weisweiler a été vendue pour FF 46M incluant premium par Christie's le 11 décembre 1999.

Le 10 septembre à Paris, Christie's vend un élégant bureau de pente en placage d'ébène estampillé par Carlin vers 1780, lot 78 estimé € 400K. Il est orné de plaques en laque réalisées au Japon selon trois techniques différentes. Le client d'origine n'est pas connu mais ce meuble luxueux a appartenu au comte de Flahaut, probable fils naturel de Talleyrand et père naturel du duc de Morny.

Je vous invite à regarder la vidéo partagée par Christie's pour introduire la collection Beistegui.