20 sept. 2018

Calligraphie sur Jade

L'écriture Chinoise est standardisée à 3000 caractères par les Qin vers 220 BCE. La calligraphie est développée par deux grands maîtres contemporains l'un de l'autre sous les Han à la fin du deuxième siècle CE : Zhong atteint la perfection pour l'écriture standard et Zhang développe la calligraphie cursive.

Sous la dynastie des Jin au quatrième siècle CE, Wang Xizhi égale Zhong et tente d'égaler Zhang. Son fils Wang Xianzhi porte l'écriture cursive au rang d'un art majeur. Le geste de l'artiste devient beaucoup plus important que le texte. En tentant d'établir des copies les plus exactes possibles, les lettrés retrouvent non seulement le geste mais aussi l'émotion de l'ancien artiste.

Aucun original par Wang Xizhi n'a survécu. Une ancienne copie non datée 24,7 x 13,9 cm d'une de ses calligraphies a été vendue pour RMB 308M incluant premium par China Guardian en novembre 2010.

L'empereur Qianlong rassemble tout l'héritage culturel de ses prédécesseurs. Une salle du palais est dédiée entièrement à la conservation de trois trésors de la calligraphie ancienne. Des copies sont réalisées à titre de diffusion et aussi d'exercice, y compris par l'empereur lui-même qui note son appréciation sur des colophons et appose son sceau.

Qianlong sait que le papier est incompatible avec une préservation éternelle. Les albums ne sont donc pas suffisants. Il fait inciser les calligraphies les plus prestigieuses dans des écrans de jade. Contrairement aux potiers, les inciseurs signent parfois leurs oeuvres, ce qui montre à quel point leur travail était important pour l'empereur.

Les calligraphies sur jade respectent l'exactitude du trait du document d'origine et aussi les bossages et creux liés à l'écriture et aux sceaux, ce qui est un exploit technique quand on considère que le jade ne peut être ciselé qu'en profondeur. Les incisions sont remplies d'une poudre d'or compressée.

Le 3 octobre à Hong Kong, Sotheby's vend un écran 31 x 30 cm d'1,7 cm d'épaisseur, lot 3203 estimé HK$ 40M. Le jade de couleur céladon est volontairement parsemé de taches blanches imitant la neige.

Elle est gravée et dorée des deux côtés. L'un d'eux reproduit un des trois trésors, qui est aussi le seul autographe authentifié de Wang Xianzhi, 22 caractères en écriture cursive. Le colophon impérial et les sceaux sont également reproduits, incluant une date qui correspond à 1746 CE. L'autre côté est consacré à 250 caractères en treize vers, seuls restes d'un poème du début du 3ème siècle CE. Il est une copie d'une plaque non datable gravée d'après une calligraphie du même artiste Wang Xianzhi. L'original perdu avait été copié sous les Song.