15 sept. 2018

Vanités par Richter

Agé de 50 ans en 1982, Gerhard Richter tente de redéfinir sa vie et son art. Les titres de ses peintures, limités à un ou deux mots, n'apportent cependant pas la compréhension et la cohérence. Abstraktes Bild et Ohne Titel sont des titres comme les autres.

Les Kerzen (chandelles) sont un exploit technique avec la transition colorée du halo entre la flamme et l'abstraction. Ces vanités répondent aussi aux questions métaphysiques de l'artiste.

Est-ce un hasard ? Les très spectaculaires crânes par Jean-Michel Basquiat sont peints la même année.

Vingt ans plus tôt à Düsseldorf, Richter avait reçu d'un ami un modèle de crâne humain. Il ne l'avait pas encore utilisé. En 1983 il photographie cet artefact posé à l'endroit ou à l'envers. Il réalise une petite série de peintures en projetant l'image photographique sur la toile. L'estompage des contours apporte une transition vers l'abstraction. L'image évanescente flotte quelque part entre ici et l'au-delà.

La première série de Schädel (crâne) est composée de quatre opus, 545-1 à 545-4, ce dernier intitulé 'Schädel, abstrakt' confirmant le désir de l'artiste d'assurer la cohérence globale de son oeuvre. 546-1 et -2 est un retour aux Kerzen, probablement pour retrouver le tour de main. 547-1 montre le crâne en position retournée. Dans la même position, il est associé à une chandelle dans 547-2.

La série des crânes est terminée avec 548-1 et -2, comme si tout d'un coup l'artiste avait surmonté une angoisse temporaire de la mort en intégrant ensemble le crâne, l'abstraction et la chandelle.

Ces Schädel sont extrêmement rares sur le marché de l'art. 545-3 a été vendu pour $ 1,5M incluant premium par Christie's le 16 mai 2000. 545-1, huile sur toile 80 x 65 cm, sera vendu par Christie's à Londres le 4 octobre, lot 11. L'estimation de £ 12M à £ 18M est dévoilée par Christie's dans l'Auction preview du 6 septembre.