21 oct. 2018

Confrontation avec la Vie Moderne

Très francophile après un séjour à Paris, Edward Hopper observe à son retour à New York les différences d'art de vivre entre les deux continents. Tout change très vite aux Etats-Unis dans les années 1920 autour d'une nouvelle organisation du travail qui incorpore mieux les femmes, respecte mieux leur individualité et leur octroie une certaine liberté.

Hopper est taciturne et traditionaliste. Il sait bien qu'il ne pourra pas s'opposer à ces changements, tout comme il ne peut rien faire contre le délabrement des maisons abandonnées. Son art est réaliste mais il construit son propre univers comme un surréaliste.

Automat, peint en 1927, est un portrait de sa femme Jo faisant une pause dans un café en libre service. Elle est seule, pensive et un peu fatiguée, assise devant une table ronde dans le fond d'une salle sans décoration.

Chop Suey, huile sur toile 81 x 96 cm peinte en 1929, montre la même jeune femme dans un autre restaurant à bon marché, attablée en face d'une autre femme qui est vue de dos. Assis à une autre table dans le fond, un couple discute.

Le thème n'est décidément pas narratif malgré les apparences. On ne saura pas qui sont ces personnages, pourquoi ils sont ensemble. Ces cafés Chinois qui prolifèrent alors aux Etats-Unis sont un symbole d'une nouvelle vie de tous les jours avec de nouvelles formes de banalités et aussi l'attrait et le risque d'internationalisation et de dépersonnalisation.

Dans les nouveaux espaces urbains, la géométrie devient omniprésente. Chop Suey a séduit le jeune Mark Rothko et influencé bien plus tard sa division des surfaces en champs de couleurs.

Chop Suey est estimé $ 70M à vendre par Christie's à New York le 13 novembre, lot 12 B. L'image à faible résolution est partagée par Wikimedia pour usage d'information.

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