22 oct. 2018

Danse avec les Points Rouges

Les peintures non figuratives de Jackson Pollock ne sont ni mystiques ni panthéistes. Elles expriment sa personnalité profonde comme aucun artiste ne l'avait fait avant lui.

La formation artistique de ce garçon du Wyoming n'a pas été conventionnelle. Il admire l'influence des arts tribaux sur Picasso et le message révolutionnaire des muralistes Mexicains, et surtout il se débarrasse des pratiques habituelles des artistes peintres.

En négligeant les limites de son support toile ou papier, il offre l'infini quelque soit la dimension de l'oeuvre, comme avait fait Mondrian. En posant sa toile ou son papier directement sur le sol, il peut danser autour comme un Indien. Dans cette gestuelle où la couleur coule du pot tenu par la main, il crée des réseaux de couleurs qu'il modifie à volonté, ce qui serait impossible sur un mur ou un chevalet.

Les surréalistes voulaient exprimer leurs rêves. Pollock fait le contraire : il contrôle son subconscient. Ses couleurs sont si enchevêtrées qu'aucun détail n'est prépondérant. Elles ne constituent pas une image cérébrale mais le produit de sa danse tridimensionnelle. Un peu plus tard Kazuo Shiraga impliquera aussi son propre corps dans sa création artistique.

Pollock est un perfectionniste mais il travaille vite et son oeuvre est abondante. Ses meilleures années commencent en 1948 quand il peut se consacrer entièrement à son art avec le support efficace de sa femme Lee Krasner dans leur atelier de Long Island isolé des tentations néfastes de la grande ville.

Le 13 novembre à New York, Christie's vend une peinture à l'huile, émail et aluminium 93 x 65 cm, lot 17 B estimé $ 50M. Datée 1950 par l'artiste mais non numérotée, elle n'a pas d'historique d'exposition de son vivant et est identifiée par le titre descriptif Composition with Red Strokes.