26 oct. 2018

Le Livre des Herbes

L'utilité des plantes pour la médecine est évidente depuis les temps les plus anciens. L'invention de l'imprimerie permet de propager ce précieux savoir. Dès 1484 à Mayence, Schoeffer imprime un herbier. Les livres de fleurs viendront bien plus tard, la pratique du jardin d'agrément n'étant pas connue à cette époque.

Médecin et humaniste, Leonhart Fuchs travaille depuis 1533 à l'Université de Tübingen où il crée un jardin de botanique médicale. Il s'appuie sur les descriptions des plantes par Hippocrate, Dioscoride et Galien et est le premier botaniste à comprendre l'intérêt des illustrations réalistes.

Fuchs publie en 1542 De historia stirpium commentarii insignes, un in folio 36 x 24 cm imprimé à Bâle. Ce livre de 896 pages inclut pas moins de 508 illustrations de plantes en plein format. C'est un travail d'équipe : le portrait de l'auteur en pieds occupe une page et ses trois collaborateurs se partagent une autre page où ils sont nommés. Les deux peintres (pictores operis) sont montrés en train de faire le dessin d'une plante en pot. Le troisième artiste est le sculpteur chargé de préparer les blocs de xylographie.

Bien entendu le livre était conçu pour être coloré. Un exemplaire de l'édition originale est mis en couleurs en 1552 par un artiste nommé Hubert Cailleau qui avait la très bonne pratique de signer et dater ses travaux. Cailleau travaillait à Valenciennes dans la tradition des enlumineurs et était à cette époque spécialiste des illustrations des livres manuscrits de musique et de chants de messe, les antiphonaires et les graduels.

Cet exemplaire exceptionnel est estimé € 400K à vendre par Reiss und Sohn à Königstein im Taunus le 30 octobre, lot 592.