6 oct. 2018

Les Anges Gardiens du Palais de Nimrod

Les archéologues voulaient trouver les cités Assyriennes perdues mentionnées par la Bible. A partir de 1845 Layard dégage les ruines d'un immense palais à proximité du Tigre. Il croit avoir trouvé Ninive. Le nom de palais de Nimrod fait référence à un personnage identifié dans la Genèse comme un fondateur de villes. On identifiera plus tard que le site exploré par Layard était le plus somptueux palais de Kalhu qui fut capitale de l'empire Assyrien de 879 BCE à 706 BCE.

Fondée par Ashur-nasir-pal II sur les ruines d'une ancienne ville à l'époque où l'empire Assyrien pouvait revendiquer une ambition de royaume universel, Kalhu avait été un des plus grands projets d'urbanisme de l'Antiquité. Les campagnes militaires annuelles d'Ashurnasirpal étaient d'une grande efficacité et les peuples vaincus fournissaient la main d'oeuvre de ses constructions.

Le palais 120 x 200 m excavé par Layard incluait de nombreuses pièces séparées des cours intérieures par des murs de briques en terre crue. Environ 400 bas-reliefs en gypse servaient de base à ces murs peints.

Le 6 juillet 1994, Christie's a vendu pour £ 7,7M incluant premium un bas-relief incomplet 183 x 117 x 6,4 cm qui avait été offert par Layard à un de ses sponsors. Il montre un eunuque imberbe et une déité barbue ailée prêts à servir le roi, et a conservé les trois quarts d'une inscription cunéiforme standard rappelant les succès du roi protégé par les Dieux. Layard avait l'autorisation du Grand Vizir pour exporter ses découvertes.

Le 31 octobre à New York, Christie's vend au lot 101 un bas-relief 224 x 196 cm avec l'inscription standard. Il est illustré d'un seul personnage debout en profil Egyptien, plus grand que nature et complet. Ce barbu ailé est occupé à oindre un arbre de vie. Son image miroir est connue. La paire servait à flanquer un passage pour lequel notre barbu était en quelque sorte l'ange gardien.

Je vous invite à regarder la vidéo partagée par Christie's. Une technologie digitale a permis de reconstituer la couleur d'origine, connue par des traces de pigments sur certains des reliefs.