4 nov. 2018

Combustions d'Après-Guerre

Choqué par les horreurs de la guerre, Alberto Burri voit bien qu'aucun art pré-existant ne correspond à sa nouvelle vision. Avant de développer un art personnel, il rend visite à Miro et Dubuffet à Paris en 1948. Il comprend l'assassinat de la peinture promulgué par Miro en 1930 : l'art doit sortir de ses pratiques conventionnelles.

Comme Dubuffet, Burri utilise la toile de jute. Il va plus loin que Dubuffet en utilisant cette matière ordinaire non pas comme un support mais bien comme l'élément essentiel de son art auquel il ajoute de grandes zones monochromes dans les couleurs les plus choquantes, le rouge très vif et le noir et plus rarement l'ocre.

Au milieu des années 1950, Burri ajoute le feu à son processus. Il expérimente en parallèle la combustion rapide des plastiques et la combustion lente de marqueterie de bois, plus facile à contrôler par l'intervention de l'artiste.

Par leur évolution automatique après le déclenchement, ses combustions de plastiques ouvriront la voie aux coulées de kaolin par Manzoni et aux combustions épiques par Yves Klein. L'effet cosmique de son utilisation de la peinture est ultérieure à Barnett Newman mais relance Fontana.

Le 15 novembre à New York, Phillips vend Grande Legno e Rosso qui est sa plus grande réalisation incluant une combustion de bois, 150 x 250 cm. Exposée dès 1957, elle est cependant datée 57-59. Ce bois, acrylique et combustion sur toile est estimé $ 10M, lot 6. Je vous invite à regarder la video partagée par la maison de ventes.