22 nov. 2018

Folle Jeunesse à Haarlem

Toujours attentif à identifier toutes les particularités de Haarlem et à promouvoir les arts, Samuel Ampzing reconnaît en 1628 le bon esprit de Judith Leyster. Artiste précoce, elle a alors 19 ans.

Cette citation montre que le protestant rigoriste avait aussi un esprit large : Leyster était spécialisée dans les scènes de genre avec des adolescents fêtards qui dansent au son du violon. Ils ont encore l'âge de rire et de s'amuser.

Au début de la même décennie, les Caravagistes d'Utrecht étaient revenus de Rome et célébraient les scènes de basse vie, souvent avec des musiciens. En promouvant Leyster, Ampzing mettait aussi en avant ses gentils personnages plus proches du carnaval et de la Commedia dell'Arte.

Le 6 décembre à Londres, Christie's vend une huile sur toile 75 x 63 cm peinte vers 1629, lot 12 estimé £ 1,5M. L'image est partagée par Wikimedia.

Trois garçons en habits très colorés, dont un violoniste et un buveur portant un toast, rient aux éclats. Dans le coin de la fenêtre, deux très jeunes enfants et un adulte rient avec eux. L'art de Leyster est spontané, sans dessin préalable, comme faisaient Frans Hals et Rembrandt.

Le jeune violoniste est un de ses personnages favoris. En 1633, probablement pour sa réception à la guilde locale, elle peint un autoportrait avec une image de ce musicien sur son chevalet.

Obtenant alors le droit d'ouvrir un atelier avec des apprentis, elle apparaît comme une rivale de Hals. L'attribution traditionnelle à Hals de beaucoup d'oeuvres peintes par Leyster a brouillé l'appréciation de ces deux artistes très différents l'un de l'autre. L'activité créatrice de Leyster cesse presque complètement quand elle épouse Molenaer en 1636.

Judith Leyster Merry Trio