18 nov. 2018

Un Vrai Guadagnini pour Rostropovitch

Comme Stradivari avant lui, Guadagnini n'a jamais cessé d'améliorer ses instruments, cherchant la force du violon et la voix du violoncelle. Carlo Ferrari, qui fut son plus important patron dans ses trois premières résidences, était un violoncelliste virtuose.

Arrivé en 1771 à Turin qui sera sa dernière résidence, Guadagnini accepte de 1773 à 1777 de travailler en exclusivité pour Cozio qui était un grand admirateur de Stradivari. A cette période Guadagnini ajoute l'information "Cremonensis alumnus Antonii Stradivari" sur ses étiquettes. Ses violoncelles de cette période sont courts, sans perte de sonorité grâce à une modification de la forme qui augmente la surface du bois dans la cavité.

Mstislav Rostropovitch a été un des plus grands interprètes du violoncelle. Pour son premier grand succès, la médaille d'or au concours de jeunes musiciens Soviétiques en 1945, il avait joué un Guadagnini.

En exil à partir de 1974, Rostropovitch fait expertiser le violoncelle de sa première gloire et apprend que son étiquette était apocryphe et que l'instrument n'avait rien à voir avec un Guadagnini. Il est dès lors aux aguets pour acquérir un excellent Guadagnini. Il attendra un quart de siècle.

Le violoncelle de Guadagnini acheté par Rostropovitch en 2000 est de la meilleure période : fait à Turin en 1783 trois ans avant la mort du luthier, il est un des tout derniers instruments du maître et a conservé intact son vernis brun rouge sombre et intense typique de cette période. Il est estimé £ 1M à vendre par Sotheby's à Londres le 28 novembre, lot 42.