3 déc. 2018

La Tête de Mort dans l'Art Kota

Les migrations tribales modifient les pratiques culturelles. Il y a environ 300 ans des groupes Bantous sont poussés par leurs ennemis jusque dans la forêt tropicale. Les Kota s'installent ainsi dans la vallée de l'Ogooué, dans l'actuel Gabon. Pour honorer leurs morts, ils ont besoin de localiser les reliques enfouies. Leurs artistes conçoivent des piquets surmontés d'une figure.

Pendant près de 200 ans, ces figures de reliquaire répondent au même schéma général : le visage ovale centré dans un cadre à peu près circulaire est surmonté d'une large coiffe transverse en forme de croissant. Le piètement est un losange évidé symbolisant la fécondité. Un cou sépare ces deux parties.

Une dizaine de pièces d'exécution très soignée ont été réalisées par la même main, identifiée sous le nom de Maître de la Rivière Sébé, un affluent de l'Ogooué. Elles ont la caractéristique très innovante d'allier la convexité du front avec la concavité de la cavité oculaire et du menton d'une tête de mort. L'ornementation est embellie par des lamelles métalliques.

De Grunne considère que ce maître était actif vers 1750 à 1800 CE. Cette date apparaît si ancienne qu'il pourrait bien s'agir des prototypes de ce nouvel objet. Au fil des ans le dessin a varié, atteignant une simplification géométrique qui a considérablement influencé l'art moderne Européen. Le specimen Rubin a été vendu pour € 5,5M incluant premium par Christie's le 23 juin 2015.

Une figure de reliquaire de 54 cm de haut faisant partie du corpus du Maître de Sébé a été vendue pour $ 1,22M incluant premium par Sotheby's le 13 novembre 2017. Une autre de dimension similaire est estimée € 700K à vendre par Sotheby's à Paris le 12 décembre, lot 162.