2 déc. 2018

La Truelle du Trappeur

A Paris depuis 1947, Jean-Paul Riopelle exprime ses sensations de la nature Canadienne : la forêt impénétrable, les saisons, le vent. Avec sa truelle de maçon, il sculpte littéralement la toile avec de la peinture à l'huile. Les couches sont si épaisses qu'elles atteignent la limite du déséquilibre.

Il alterne ainsi sur la toile les couleurs brillantes et les couleurs saturées, créant des taches, des balafres et des reflets qui apparaissent différemment quand l'observateur change de position, comme quand le vent agite les feuilles des arbres. Comme Pollock, il se voit comme un interprète de la nature et refuse que son art soit considéré comme abstrait.

Une symphonie de couleurs superbes intitulée Vent du Nord peinte en 1952-1953, 130 x 195 cm, a été vendue le 24 mai 2017 pour $ 7,1M CAD incluant premium par Heffel sur une estimation basse de $ 1M CAD.

La forêt reste l'objectif ultime de cet artiste que Breton surnommait le Trappeur Supérieur. Avec des taches de lumières émergeant parmi les couleurs sourdes, La Forêt, 130 x 195 cm peinte en 1953, a été vendue pour € 2,04M incluant premium par Sotheby's le 9 décembre 2015 sur une estimation de € 900K.

Comme Rothko, Riopelle sait que le grand format favorise l'immersion. Une huile sur toile 200 x 300 cm sans titre peinte en 1953 a été vendue pour € 4,9M incluant premium par Christie's le 5 décembre 2017 sur une estimation basse de € 1,5M. Dans la même dimension, Forestine, peinte en 1954 dans le même style que La Forêt, est estimée € 2,5M à vendre par Sotheby's à Paris le 5 décembre, lot 9.