27 déc. 2018

L'Ambassadeur de Mysore

Louise-Elisabeth Vigée Le Brun devient en 1778 peintre officiel de la reine Marie-Antoinette. La cour apprécie hautement ses portraits charmants et délicats. Elle donne de la reine, née comme elle en 1755, l'image d'une jeune femme vêtue avec simplicité et audace. Elle aura ce commentaire sur cette période insouciante : "Les femmes régnaient alors, la Révolution les a détrônées."

L'arrivée à Paris en juillet 1788 de trois ambassadeurs de Mysore avec une suite d'une trentaine de personnes est un évènement sensationnel et pittoresque. Grand ennemi des anglais, le sultan de Mysore préparait une nouvelle guerre et espérait être aidé par la France. Les somptueux habits Musulmans de ses diplomates assurent leur crédibilité.

Elisabeth se souvient opportunément qu'une de ses premières ambitions avait été d'être peintre d'histoire. Avec le support indispensable du roi Louis XVI, elle obtient l'autorisation de peindre les portraits de ces grands seigneurs exotiques.

Le 30 janvier à New York, Sotheby's vend le portrait du chef de la délégation, lot 48 estimé $ 4M.

Cette huile sur toile 226 x 136 cm montre l'homme à la barbe blanche tenant un sabre oriental à lame courbe. Cette composition n'est pas sans rappeler le portrait du prince Polynésien Omai par Reynolds en 1776. Le voyageur exotique est montré grandeur nature debout devant un paysage, en une contre-plongée qui augmente la dignité.

L'image partagée par Wikimedia est coupée sur la gauche et en bas.

Mohammed Dervish Khan by Elizabeth Vigee Lebrun