10 févr. 2019

Le Jardin Universel de Claude Monet

Le petit jardin d'eau de Claude Monet lui offre une ouverture vers toutes les forces de la nature. Le projet des Grandes Décorations, qui l'occupe de 1914 à 1926, n'est ni un exploit technique ni une topographie étrange : c'est une symbiose entre l'artiste et l'univers.

Monet réalise de nombreuses peintures préparatoires aux Grandes Décorations, pour voir directement les effets de ses innovations. Même quand la touche de peinture est complexe, ces images ont la spontanéité d'un dessin.

Le 27 février à Londres, Christie's vend au lot 11 Saule pleureur et bassin aux nymphéas, une huile sur toile de 180 cm de large dans la hauteur standardisée des Grandes Décorations, 2 m de haut. La composition est similaire à la partie gauche du triptyque Le Matin aux saules, datée 1920-1926 mais dont la gestation dans l'atelier avait commencé dès 1916.

Cette étude est une rencontre entre les éléments de la nature et les principes de la géométrie, avec la verticale montante du tronc solide, la verticale descendante des feuilles suspendues dans l'air, l'horizontale des nymphéas sur l'eau, le miroir intangible des reflets.

L'horizon n'est pas visible mais la dominante d'un bleu intense est fournie par un ciel pur d'été, en opposition avec les teintes pastel de l'aube qui seront appliquées à l'image correspondante des Grandes Décorations. Dans cette oeuvre expérimentale qui dévoile le processus artistique de Monet, chaque motif est peint avec une touche différente, jusqu'à inclure de minuscules surfaces de toile nue dans certains interfaces.

Je vous invite à regarder la courte vidéo partagée par Christie's.

Cette peinture est certainement antérieure à la série de dix opus sur les saules datés 1918-1919, dans lesquels le thème principal de plus en plus proche de l'abstraction est la lumière tamisée par le feuillage.

THE UNIVERSAL GARDEN OF CLAUDE MONET

The small water garden of Claude Monet offers a gate to all the forces of nature. The Grandes Décorations project, which makes him busy from 1914 to 1926, is neither a technical feat nor a strange topography : it is a symbiosis between the artist and the universe.

Monet executed many preparatory paintings for the Grandes Décorations to see in first-hand the visual effects of his innovations. Even when the brush stroke is complex, these images have the spontaneity of a drawing.

On February 27 in London, Christie's sells as lot 11 Saule pleureur et bassin aux nymphéas (weeping willow and water lily garden), an oil on canvas 180 cm wide in the standard height of the Grandes Decorations, 2 m high. The composition is similar to the left part of the triptych Le Matin aux Saules, dated 1920-1926 but whose gestation in the workshop had already begun in 1916.

This study is an encounter between the elements of nature and the principles of geometry, with the rising vertical of the solid trunk, the descending vertical of the leaves hanging in the air, the horizontal plane of the water lilies on the water, the intangible mirror of the reflections.

The horizon is not visible but the dominant is an intense blue provided in reflection by a pure summer sky, in opposition with the pastel shades of dawn which will be applied to the corresponding picture of the Grandes Décorations. In this experimental work that provides inputs into the artistic process of Monet, each motif is painted with a different stroke, up to including tiny surfaces of bare canvas in some interfaces.

Please watch the short video shared by Christie's.

This painting is certainly anterior to the series of ten opuses on weeping willows executed in 1918-1919 in which the main theme, increasingly close to abstraction, is the light sifted by the foliage.